« Il fait aujourd’hui à Lyon le climat d’Avignon il y a trente ans. »
C’est avec ce constat (alarmant) que le préfet de région Jean François Carenco a présenté le nouveau rapport du Bassin Rhône-Méditerranée. Intitulé Plan bassin d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau, il s’appuie notamment sur les dernières conclusions du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Avec les cinq régions du quart Sud-Est et l’Agence de l’eau, le bassin Rhône-Méditerranée à dressé une cartographie des territoires en fonction de leurs vulnérabilités à quatre facteurs. À cela s’ajoute une liste de recommandations envers les instances locales. À libre usage pour l’instant, elles devraient être intégrées au prochain schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux 2016-2021.
La question essentielle de ce rapport porte sur l’impact du changement climatique sur l’eau. Et il y a un changement d’angle de vue. Alors qu’on a longtemps cherché à atténuer le changement climatique en réduisant notamment les gaz à effet de serre, on cherche désormais à s’y adapter.
« La question ne se pose plus sur la réalité du changement climatique, mais sur sa vitesse », confirme Jean-François Carenco.
Une évolution en phase avec la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015.
Vidéo pédagogique de l’Agence de l’Eau
Des préconisations selon quatre enjeux de vulnérabilité
Le but est donc de travailler sur chaque vulnérabilité des territoires afin d’anticiper les conséquences globales du changement climatique. Ainsi, avec un mois d’enneigement en moins par an en moyenne montagne, la fonte des neiges s’affaiblit. À terme, cela diminuera de 30% en 2050 le débit de l’eau du Rhône en juillet.
Quatre enjeux de vulnérabilité sont pris en compte dans ce rapport : la disponibilité en eau, le bilan hydrique des sols, la biodiversité et le niveau trophique des eaux.
À chaque fois, quelques solutions simples sont préconisées, telle que l’implantation d’arbres autour des cours d’eau. Cela permettrait de réduire le niveau trophique des eaux, c’est-à-dire le croupissement de l’eau dû à la chaleur, qui favorise le développement d’algues et la mort des poissons.
Alors même que l’heure est à l’urgence, le tout reste à l’état de préconisations. Seulement.
Dans les villes, et à Lyon notamment, l’accent est mis sur la désimperméabilisation. Alors que la priorité était durant longtemps d’évacuer l’eau afin d’éviter les inondations, il semblerait que ces pratiques entraînent une trop grande sécheresse.

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