Petit rappel
Pendant des années, la TVA sur tous les produits culturels est fixée à 5,5%. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce taux disparaît pour être remplacé par un à 7%. Mais, fin 2012, François Hollande annonce une nouvelle modification des taux de TVA pour janvier 2014 : suppression des 7% qui passent à 10%, sauf pour le livre, le spectacle… qui retrouvent le taux à 5% (comme les produits de première nécessité tel l’alimentaire). Le cinéma quant à lui doit basculer à 10%.
Nouveau combat des cinémas
Toujours sur la défensive et non contentes d’avoir survécu au passage au numérique après d’âpres luttes et sonnettes d’alarme, les salles de cinéma se mobilisent par l’intermédiaire de leur fédération : hors de question que la TVA augmente. Le secteur est toujours fragile, la fréquentation volatile et le cinéma n’est pas moins de la culture que le livre. Les arguments sont audibles et entendus par le gouvernement.
Et maintenant
Finalement, il n’y aura pas d’augmentation mais une baisse de ce taux de TVA. Alors, ces salles qui avaient peur de perdre leur clientèle, contraintes de répercuter cette hausse et donc d’augmenter leurs tarifs, vont-elles les baisser ?
Prenons ici le pari que non…
Les exploitants useront des mêmes arguments que dans leur opposition à l’augmentation : la fréquentation est déjà en baisse (environ -10% en 2013 par rapport à 2012), l’équilibre financier précaire. Alors cette nouvelle toute petite marge que les salles vont engranger servira à préserver l’emploi ! N’est-ce pas la crise, ma bonne dame ?
Et puis répercuter cette diminution, cela signifie baisser les tarifs de 10 à 20 centimes par entrée, somme infime pour le spectateur. Et ces centimes sont surtout plus négligeables que les 20 à 30 centimes de hausse qu’aurait provoqué le passage de la TVA à 10%. Les curseurs sont parfois bien subjectifs.
Les cinémas de France, avec cette victoire vont gagner une à deux dizaines de millions d’euros. Et comme les ¾ des entrées sont faites par des multiplexes, espérons qu’ils vont recruter, humaniser leurs halls d’accueil… Et donc contribuer à cette quête de la baisse du chômage qui hante le gouvernement et qui a sûrement présidé à sa prise de décision sur ce fichu taux yoyo de TVA.

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