Le tribunal chargé des affaires militaires à Marseille l’a condamné ce lundi à un mois de sursis, pour désertion. Ce jeune sergent de l’armée de l’Air, âgé de 25 ans, avait présenté à sa hiérarchie une lettre de démission, qu’elle avait refusée. Benjamin P. explique sa « désertion » par des séances de bizutage qui l’auraient traumatisé. Jet de seau d’urine, ligotage, les petits amusements entre amis dont il a fait le récit hier à l’audience n’a pas fait flancher le tribunal. Il avait présenté sa démission à sa hiérarchie qui l’avait refusée.
Le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis, estimant que les faits de bizutage ne peuvent être retenus comme « éléments explicatifs de la désertion, compte tenu du délai ». Si le procureur les a toutefois condamnés et souhaite qu’une réponse pénale soit donnée s’ils sont avérés, il note que ces séances de bizutage se seraient déroulés à l’arrivée de Benjamin P. sur la base aérienne en 2009, mais que c’est seulement en juillet 2011 qu’il a déserté.
Le père du jeune soldat, officier de police en région lyonnaise, s’est montré très affecté à la sortie de l’audience. Il est lui-même poursuivi pour ne pas avoir dénoncé son fils, sous la qualification de « recel de désertion ».
«Ils ont pris l’ambition que j’avais, ils ont marché dessus», a déclaré Benjamin P. au micro de Radio France.
Il pourrait faire appel de la décision dans les prochains jours.

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