
Votre premier geste artistique ?
« Nicotine », un court métrage vidéo d’une dizaine de minutes que j’avais réalisé quand j’étais en fac de Lettres. Ça devait être en 1995… Sinon, pour l’anecdote, l’année suivante, je réalisais un autre court métrage dans lequel je « tuais » fictivement celui qui est aujourd’hui mon éditeur chez Glénat. Je ne vais pas vous dire que ça a créé des liens, car nous étions déjà amis, mais disons que ce n’est pas banal…
Avec lequel de vos parents pensez-vous avoir un problème ?
Aucun des deux, justement…
Cédric Rassat : « Je fais un gros rejet sur le djembé, ou plutôt sur les types défoncés qui en jouent en s’imaginant qu’ils ont le sens du rythme »
Quelle pratique artistique trouvez-vous intolérable ?
Je fais un gros rejet sur le djembé, ou plutôt sur les types défoncés qui en jouent en s’imaginant qu’ils ont le sens du rythme. Dans un autre style, j’entends parfois une sorte de psychopathe jouer du cor de chasse près de chez moi (en ville !). Je pense qu’on doit l’entendre sur près d’un kilomètre, au moins. Le mec ne réalise pas qu’il doit casser les oreilles de milliers de personnes à chaque fois qu’il souffle dans son truc. Bref, je désapprouve.
Quelle est la plus grosse arnaque artistique ?
Tatayet. Franchement, tout le monde voyait que c’était le moustachu qui parlait à sa place !
Votre pire souvenir en vernissage ?
Les gens qui parlent de trop près et qui postillonnent leurs cacahuètes dans les verres. Je trouve ça vraiment limite.
Quel homme politique serait le plus en phase avec votre travail ?
Je vais voter Hollande. Mais si vous faites allusion à ce navire clinquant et un peu vulgaire, symbole de toute l’arrogance humaine, qui sombre à la fin de l’album, il y a un autre nom qui me vient en tête.
Le dernier produit culturel consommé ?
Côté disques, j’ai récemment découvert les premiers albums d’Alabama Shakes, un groupe soul contemporain assez génial, et Amen Dunes, un combo new-yorkais qui joue une sorte de psyché sous influences vaudou vraiment captivant… Sinon, côté bouquins, je citerais « Microfilms », un livre brillant et franchement désopilant de Julien d’Abrigeon, et « Lisbonne dernier tour », une très belle BD de Jorge Zentner et Aude Samama. Enfin, mon dernier coup de cœur en dvd doit être « Chronique d’un été », le documentaire de Jean Rouch et Edgar Morin.
Avez-vous déjà sacrifié votre art pour de l’argent ?
Malheureusement, les propositions malhonnêtes ne sont plus ce qu’elles étaient ! Aujourd’hui, on vous propose d’abord de sacrifier votre art et, ensuite, on vous explique qu’il n’y a pas d’argent pour vous payer.
Et, sinon, vous avez un vrai métier ?
Non, même pas… Pendant un temps, j’avais un vrai métier, mais mon patron refusait de me payer normalement (malgré un chiffre d’affaire incroyablement élevé). C’était plus fort que lui… Au final, il a préféré utiliser l’argent pour se payer une boutique et une Mustang. Du coup, il a fallu durcir le ton et nos relations se sont un peu « tendues »…
Aller plus loin
<h4La Malédiction du Titanic, par Cédric Rassat et Emre Orhun chez Glénat. </h4
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