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Les défenseurs du bio doivent-ils être technophobes ? Vos avis…

actualisé le 01/10/2015 à 19h43

[Revue de commentaires] Notre article publié à la suite de notre visite au salon « Tech&Bio » (à Valence dans la Drôme) a suscité de nombreux commentaires chez vous, riverains.

On vous y raconte ce qui est présenté, par leurs inventeurs et premiers promoteurs, comme les méthodes de demain pour cultiver de façon plus rentable, plus écologique, plus moderne. L’agriculture et notamment l’agriculture bio vont-elles se saisir de ces nouvelles technologies déjà développées (tel qu’un drone auquel on attribue certaines missions d’ouvrier agricole) ? En ont-elles les moyens ?

Au salon, les porteurs de ces projets et outils déjà commercialisés, qui paraissent donc de moins en moins science-fictionnels, sont persuadés de l’intérêt pour les agriculteurs d’aller vers ces outils.

Mais certains d’entre vous jugent que « sain » et « éthique » en agriculture ne peut pas rimer avec « high tech ».

Benoît de Solan ingénieur chez Arvalis (à gauche) et Thibaud Leroy de la Chambre d'Agriculture de la Somme. Crédit : BE/Rue89Lyon.

Benoît de Solan ingénieur chez Arvalis (à gauche) et Thibaud Leroy de la Chambre d’Agriculture de la Somme. Crédit : BE/Rue89Lyon.

Un lecteur qui s’est baptisé clive n’y va pas avec le dos de la cuillère, agacé par, d’une part les outils eux-mêmes, d’autre part par ce qui lui semble être de la promo publicitaire :

« Cool. Je vais utiliser mon smartphone construit avec des composants que les empires se font la guerre pour, fabriqués par des enfants esclaves dans les prisons, pour piloter des drones assemblés au Bengladesh, avec des matériaux issus du pétrole… Pour faire du bio. Et passer à la télé. »

Même si à Rue89Lyon, nous ne sommes pas la « télé », la question soulevée de l’origine et des méthodes de fabrication de ces nouveaux outils nous a interpellés.

Har-Seldon pose la question :

« Dans ces conditions, peut on encore parler de bio, tout au moins dans l’esprit ? »

Patate, qui nous trouve techno-gagas, voudrait voir revenir une forme de bon sens dans l’ergonomie globale de l’agriculture. Et note surtout qu’il y a souvent confusion entre « bio » et écologique », ce sur quoi on le rejoint :

« Si si : la bouffe produite sera surement bio, que le processus pour l’obtenir soit indéfendable c’est autre chose.

C’est encore cette vieille confusion entre « bio » et « écologique ». On peut manger des tomates bio qui ont fait 1000 kilomètres en camion…

Les journalistes perdent la raison quand on leur montre une jolie technologie greenwashée mise au point par des hipsters. C’est comme les gars qui s’extasient sur les drones pollinisateurs : Oh les mecs : C’est quand même plus simple de pas buter les abeilles en premier lieu… »

Stef réagit également sur le préjugé qui voudrait qu’un défenseur du bio soit technophobe.

« C’est rigolo, souvent quand on dit qu’on est bio, écolo, on nous répond qu’on veut retourner à la bougie ! Et quand on s’intéresse aux nouvelles technologies, on nous le reproche.

J’étais sur ce salon. A côté des robots il y avait une démonstration de désherbage mécanique avec des engins tout simples en métal, fabriqués directement par des maraichers bio (donc parfaitement adaptés à leurs besoins) membres de l’Atelier paysan. Cette association met ensuite les plans de ces engins et outils en open source sur le net. On peut se construire sa machine à désherber pour moins de 2000 euros et faire évoluer les plans, car ils sont sous licence creative commons. La même logique que les logiciels libres. La technologie peut avoir du bon. »

« Il ne manque plus que des technologies équitables »

Thibaut, l’un des exposants présents au salon, tient à préciser, smiley à l’appui :

« Petite précision : drone fabriqué en Suisse et assemblé en France ; capteurs fabriqués et assemblés en France. Et je ne pense pas avoir une tête de hipster :)« 

Mégacureuil, le bien nommé, a de l’espoir :

« Il ne manque plus que des technologies équitables pour compléter le tableau alors… Aller c’est possible non? Surtout si on vise le secteur du bio où les consommateurs sont déjà responsabilisés autour des questions de juste rémunération du producteur.

Si la technologie utilisée est de qualité alors la rentabilité est surement atteignable, (je pense au fait que le « fair » est plus cher (ex = le fairphone), mais aussi plus durable, opensource, logique et humain).

Je pense qu’utiliser des outils comme le petit robot désherbeur dans l’agriculture bio, va dans le sens d’un développement qui colle avec les dynamiques actuelles. C’est un petit monde hypster et marginal (le bio, le fairtrade, les technologies intélligentes…) à l’échelle de l’économie française et surtout à l’échelle de l’économie mondiale.
Mais si c’est rentable, alors pourquoi pas ?  »

 

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