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Des soirées « DJ filles » ou le machisme des programmateurs à Lyon

actualisé le 31/07/2015 à 11h10

Tribune / DJ Flore a été invitée à mixer à des « soirées filles » à plusieurs reprises. Des soirées où la musique est exclusivement passée par des dames et dans lesquelles on propose donc aux professionnelles de mixer, en partie parce que ce sont des personnes de sexe féminin. Au risque de les réduire à leur seul genre. Et cela a un peu agacé l’artiste lyonnaise.

La réaction de Flore publiée sur Facebook a été claire :

flore

Aussitôt d’autres DJ ont acquiescé. Par exemple, Delphine a décidé d’annoncer publiquement l’annulation de sa venue dans un club lyonnais bien connue qui organise ce type d’événements durant le mois d’août.

delph

Il est évident qu’il y a bien plus macho que le monde de l’électro lyonnaise. Mais il est justement surprenant que dans un milieu qui se veut très progressiste, en pointe dans tout un tas de domaines, ce fonctionnement sexiste perdure.

Un milieu où l’on s’indigne officiellement des inégalités

Capture d'écran de la page Facebook de Flore Morfin, aka DJ Flore.

Capture d’écran de la page Facebook de Flore Morfin, aka DJ Flore.

La « soirée filles », ça fait un peu série télé des années 80, où toutes les choses sérieuses se font entre bonshommes mais où il y a une demoiselle (à qui on demande d’être bien faite de sa personne, pour plaire aux téléspectateurs mâles) pour faire joli et offrir un strapontin à la moitié de l’humanité. Je pense aussi au championnat de foot féminin, où l’on cantonne les filles à une compétition bien moins prestigieuse et moins médiatisée que celle des hommes.

En ce qui concerne un DJ quel intérêt, quelle justification ? Se donner bonne conscience féministe un ou deux soirs par an en bookant des filles mais en ne programmant que des garçons le reste du temps ? Promettre aux garçons qu’ils pourront se rincer l’oeil (une pratique certes pas réservée aux hommes hétéros comme toute personne ayant assisté à un set de Brodinski peut le savoir) tout en dansant?

Dans un milieu qui compte plus de progressistes que la moyenne, où l’on s’indigne officiellement des inégalités, notamment en matière femme-hommes, on peut tout à fait, de façon plus ou moins consciente, pratiquer une forme de paternaliste, pourtant loin d’être malveillant. Mais qui ne pose pas moins problème en 2015.

Par Romain Blachier, adjoint PS délégué à la culture dans le 7è arrondissement

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