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Occupation du collège Truffaut : Collomb dénonce la « récupération politique »

« Je comprends que des gens soient sensibles au problème du logement. Ce que je comprends moins bien c’est que cette sensibilité soit instrumentalisée par des élus. (…) Je trouve complètement irresponsable qu’on appelle à l’occupation de locaux publics ».

C’est pas ces mots que Gérard Collomb, le maire PS de Lyon a réagi ce mercredi, en marge d’une conférence de presse sur le débat d’orientation budgétaire, à l’occupation temporaire de collège Truffaut (Lyon 1er) qui a eu lieu la veille au soir, dans l’objectif d’héberger des parents et leurs enfants SDF.

Une réaction qui a tourné au règlement de compte politique à l’approche des élections municipales. Pour rappel, l’action coup de poing de ce mardi a en effet reçu le soutien de deux élus, présents sur place : Nathalie Perrin-Gilbert, maire du premier arrondissement en congé du PS et Armand Creus, conseiller régional Front de gauche. Les deux étant à l’origine de la constitution d’une liste commune associant le Front de gauche et le club de réflexion de NPB, le Gram.

 

Demande d’asile, logement social… face à la « démagogie »

En direction de la maire du 1er arrondissement, principalement visée par Gérard Collomb, le sénateur-maire a sorti l’artillerie lourde en énumérant les principaux axes de sa politique en matière de logement depuis qu’il dirige la ville et la communauté urbaine de Lyon :

« Depuis 2001, nous avons multiplié par huit les crédits consacrés au logement. Nous sommes passés de 10 millions d’euros à 85 millions aujourd’hui. », a-t-il détaillé.

Pour Gérard Collomb, il y a deux manières de travailler sur la question du mal-logement :

  • Le logement social. A ce sujet, le maire s’est vanté de « produire » quelque 10 000 logements par an, dont 4000 logements sociaux.
  • Et la réforme de la gestion de la demande d’asile :

« On ne peut pas concentrer l’accueil des demandeurs d’asile sur quelques départements. En 2013, le Rhône a accueilli 2800 demandeurs d’asile. Avec les enfants, il faut compter environ 4000 personnes. Pour faire face, chaque mois, il faudrait pouvoir ouvrir 350 lits. On ne peut pas mener ce genre de politique ! »

Après avoir énuméré les différents dossiers concernant le logement à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, Gérard Collomb a affirmé qu’il « traite le problème » :

« Mais nous ne voulons pas faire de démagogie. Soit on travaille de façon réfléchie avec tous les acteurs, soit on fait de l’agitation politique à l’approche d’échéances électorales. Certains étaient là (ce mardi soir, ndlr) uniquement par récupération politique. »

Même s’il affirme qu’il traite le problème, Gérard Collomb n’a fait aucune annonce concernant les familles SDF accueillies dans certaines écoles occupées. Il a également balayé les exigences posées par ceux qui ont brièvement occupé le collège Truffaut : la réquisition de bâtiments vides pour faire face à la crise de l’hébergement d’urgence.

La démission de Nathalie Perrin-Gilbert demandée

Dans la salle de conférence de presse, les lieutenants de Gérard Collomb s’étaient pressés, histoire de montrer que les rang étaient serrés autour du maire de Lyon.

A la fin de la conférence de presse, une lettre ouverte envoyée à Nathalie Perrin-Gilbert a été distribuée.

Signée « les élus du 1er arrondissement », Gilles Buna, Isabelle Gleize, Bruno Lebuhotel, Grégory Climent, Christine Pochon, Gérard Nicolas, Stéphanie Burlet et Boumedienne Boussouar, elle se désolidarise de la prise de position de la maire de l’arrondissement :

« Hier soir, vous avez participé à l’envahissement du collège Truffaut avec un groupe de manifestants. En utilisant votre statut d’élue au service de vos ambitions personnelles et partisanes, vous rompez la confiance qui vous a été accordée. Les élus du 1er arrondissement condamnent avec la plus grande fermeté votre implication dans ces débordements et vous demandent donc de démissionner de votre fonction de Maire du 1er arrondissement. »

Cette lettre semble, sans surprise, reprendre le discours énoncé quelques minutes plus tôt par Gérard Collomb, exposant la « politique volontariste (de la ville de Lyon et du Grand Lyon) sur l’habitat, le logement social et l’hébergement d’urgence. »

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