Société 

Rythmes scolaires : seules trois communes du Grand Lyon se lancent dès 2013

actualisé le 11/04/2014 à 17h01

Info Rue89Lyon / Quand la dérogation prend le pas sur la loi. L’immense majorité des communes du Grand Lyon mettront en œuvre la réforme des rythmes scolaires en 2014. Dans l’agglomération, seules trois communes partiront dès septembre 2013 pour la semaine de quatre jours et demi.


Afficher 3 communes du Grand Lyon passent à la semaine de 4 jours et demi sur une carte plus grande

La réforme de Vincent Peillon réunissait bien des éléments peu propices à une mise en oeuvre généralisée en 2013 : opposition massive des enseignants du premier degré et mairies inquiètes des surcoûts dûs à l’organisation.

Rue89Lyon a contacté l’ensemble des 58 communes de la communauté urbaine de Lyon pour connaître leur choix : appliquer la réforme dès 2013 ou la repousser en 2014 ?

Au final, sur les 58 communes que compte le Grand Lyon, seules Feyzin, Irigny et Saint-Fons font le choix d’une application en 2013. Saint-Germain-au-Mont d’or, dont nous ne connaissons pas encore le résultat de la concertation sur le sujet, pourrait aussi se lancer. 54 communes ne l’appliqueront donc qu’à partir 2014, comme les y autorise le décret de Vincent Peillon. Ce qui place le Grand Lyon bien en-dessous du chiffre moyen de 25 % d’élèves concernés par la réforme dès 2013, avancé par le gouvernement.

Parmi celles qui prévoyaient initialement de l’appliquer dès la rentrée prochaine, presque toutes se sont rétractées, notamment Lyon et Villeurbanne. Nous avons pu constater qu’il n’y pas d’opposition de principe à la réforme. Il s’agit plus souvent d’un refus de l’appliquer aussi rapidement et sans « réel temps de concertation avec les acteurs ».

Une position bien résumée par Michel Forissier, maire (UMP) de Meyzieu :

« Si la possibilité a été donnée aux maires de différer d’un an l’application de la réforme, c’est qu’on s’est bien rendu compte que c’était très difficile. Et puis prendre le temps d’adapter les services permettra de limiter au maximum les surcoûts ».

Mais même en adaptant les services, la question du coût restera le coeur du problème pour de nombreuses communes. Mettre en place des activités pédagogiques complémentaires « dignes de ce nom » et pas simplement un service de garderie, nécessite des ressources importantes.

Des activités périscolaires, sans conditions de ressources

A Vaulx-en-Velin, où plus de 6 600 élèves du premier degré sont scolarisés, c’est cet enjeu financier qui coince. Pour Marie-France Vieux-Marco (PC), adjointe à l’Education et à la vie de l’enfant, la réforme aurait dû dépasser le simple champ des rythmes scolaires et octroyer plus de moyens :

« Les communes comme les nôtres ont besoin de moyens supplémentaires parce que la progression des enfants passe par des activités périscolaires de qualité, sans conditions de ressources. Si on devait appliquer les nouveaux horaires, on atteindrait 40 heures de travail hebdomadaire pour certains personnels ATSEM (les agents territoriaux spécialisés dans les écoles maternelles, ndlr), ça nécessiterait de recruter des vacataires.»

La plupart des petites communes de l’agglomération sont également confrontées à des problèmes en termes de Garcinia Cambogia Weight Loss ressources financières et humaines. C’est notamment pourquoi certaines communes limitrophes se rassemblent déjà pour préparer l’offre pédagogique pour 2014.

2013 : année expérimentale pour les trois communes du Grand Lyon

Pourtant, trois communes de taille moyenne ont décidé de passer à la semaine de quatre jours et demi, à partir en 2013. Comme on pouvait s’y attendre, deux communes sont dirigées par un maire socialiste : Feyzin et Saint-Fons. L’autre, Irigny, est dirigé par un centriste.

A Saint-Fons, l’application de la réforme dès 2013, pourra s’appuyer sur des activités périscolaires déjà très développées en fin d’après-midi. L’organisation des nouveaux rythmes scolaires pose donc moins problème qu’ailleurs selon Gilbert Clavel, adjoint au maire :

« 60 % des élèves scolarisés participent aux activités pédagogiques dispensées de 16h15 à 17h45. Avec la réforme, elles dureront 1/4 d’heure de plus. Ce ne nous change pas énormément et le surcoût ne sera pas exorbitant ».

On observe la même situation à Irigny, qui bénéficie d’un service périscolaire établi. Pour Michelle Ranchin, adjointe aux Affaires scolaires, il s’agit plutôt d’une année test :

« C’est quelque chose d’expérimental. On s’est donné la possibilité avec l’inspecteur de changer ce qui ne fonctionnerait pas au terme de la première année de mise en œuvre de la réforme. On considère que c’est une bonne réforme pour les enfants. Ils vont rester la même durée à l’école mais le temps d’apprentissage sera réduit ».

Manifestation d’enseignants lyonnais contre la réforme Peillon le 24 janvier 2013 Crédit : Hugo Lautissier       

La « pilule est passée » auprès des enseignants

Dans les trois communes du Grand Lyon qui passent à la journée de quatre jours et demi, l’organisation du temps de travail des instituteurs est variable en fonction des choix faits par les municipalités. Mais dans tous les cas, les professeurs des écoles auront une même durée de travail hebdomadaire puisque ils enseigneront le mercredi matin.

  • A Feyzin, il y aura 30 minutes d’activité en plus à la pause méridienne et 15 minutes en fin de journée.
  • A Irigny, la pause méridienne est allongée de 15 minutes et le soir les activités auront lieu entre 16h et 16h30.

Que ce soit du côté d’Irigny ou de Feyzin on explique que – bien sûr – il y eu des débats mais qu’avec un peu de concertation, « la pilule est passée » auprès des enseignants. Claude Albencque (PS), adjoint à l’Enfance et à la Jeunesse à la mairie de Feyzin :

« Ils nous ont fait ressentir une certaine opposition si la réforme devait se limiter aux rythmes scolaires mais elle est bien plus large que ça. Que ce soit prévu 2013 ou 2014, on sent une opposition mais quand on explique ce que l’on veut faire, on a tendance à avoir dans les écoles une acceptation du sujet ».

Pour l’instant, les mairies contactées envisagent plusieurs activités : théâtre et cirque pour Irigny; environnement, culture, sport et sciences pour Feyzin ou Saint-Fons. Elles ont jusqu’au 30 avril pour transmettre leur dossier au directeur académique des services départementaux de l’éducation nationale (DASEN).

 

 

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L'AUTEUR
Jeremy El Mlaka
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