Société 

Rythmes scolaires : le mercredi des instits est-il en cause ?

Au lendemain de la grève parisienne contre la réforme du rythme scolaire, c’était au tour des régions de se mobiliser contre le retour à la semaine de quatre jours et demi pour les écoliers du primaire. À Lyon, ils étaient plusieurs centaines rassemblés devant la Préfecture, alors que le ministre Vincent Peillon présentait son texte en Conseil des ministres. Un épisode de plus dans le combat qui oppose le corps enseignant aux gouvernements successifs. À la différence près que ce dernier est loin de faire consensus. Alors, revendication légitime ou réflexe corporatiste ?

Rassemblement des enseignants devant l’inspection académique du Rhône, le 23 janvier. Crédit : Hugo Lautissier

À Lyon, devant la Préfecture, près de 600 personnes étaient réunies aujourd’hui pour protester contre la réforme des rythmes scolaires. La veille, la grève parisienne annoncée comme un mouvement « historique » a rassemblé environ 8 enseignants sur 10. Près de la moitié des écoles parisiennes (372 sur 662) se sont mobilisées à 100 %. Une mobilisation exceptionnelle, pour des revendications qui ne font pas l’unanimité.

On se souvient en effet que la semaine de 4 jours mise en place en 2008 par le ministre UMP de l’Éducation nationale Xavier Darcos avait fait bondir les syndicats et le corps enseignant. La « semaine Darcos » comme on l’appelle depuis, est devenue l’un des fers de lance des revendications des enseignants. Journées à rallonge, fatigue des élèves, presque tout le monde s’accorde pour dire à quel point l’organisation du temps scolaire est contre-productive et absurde. Alors pourquoi une telle mobilisation, à l’heure où le gouvernement décide de revenir sur cette semaine de 4 jours ?

 

La « semaine Darcos » mieux que la « semaine Peillon » ?

Pour Jane Urbani, du syndicat SNUDI-FO, il s’agit d’une réforme contre-productive.

De leurs côtés, les enseignants sont nombreux à protester contre une réforme pour laquelle ils ont été très peu sollicités. Certains d’entre eux vont même jusqu’à regretter par avance la semaine Darcos qui va disparaître.

« Pour ma part, la semaine de quatre jours m’allait parfaitement. Il n’y a pas de différence avérée pour les enfants, aucune baisse du niveau scolaire n’a été constatée. Rien ne prouve que 4,5 jours soient mieux que 4 jours. L’intérêt des élèves n’y est pas, ce qui les fatigue c’est la collectivité. Pour agir dans leur intérêt, le gouvernement devrait commencer par créer davantage d’emplois pour que les classes soient moins chargées, et des postes d’enseignants spécialisés pour les élèves en difficulté. »

Le rassemblement lyonnais des enseignants contre la réforme Peillon : Crédit Hugo Lautissier

Pour d’autres, c’est l’allongement de la fameuse pause méridienne, le midi, qui va poser problème, et avec elle toute l’organisation des professeurs, des enfants et des parents d’élèves.

 

« Je ne veux pas séparer la question du rythme scolaire du reste »

La réforme de Vincent Peillon a aussi un coût, 250 millions d’euros seront alloués par l’Etat aux différentes collectivités qui mettront en place la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013. 40 000 professeurs devraient aussi être recrutés pour les rentrées 2013 et 2014, 60 000 sur tout le quinquennat. Des mesures insuffisantes pour Benjamin Grandener, directeur d’école et membre du syndicat SNUIPP-FSU Rhône. Selon lui, la réforme de Vincent Peillon doit s’inscrire dans une démarche plus globale.

En toile de fond de cette mobilisation, c’est aussi le statut de l’enseignant qui est en jeu, à savoir une revalorisation salariale assortie d’une hausse du temps de travail. Le ministre de l’éducation nationale avait déjà évoqué cet épineux problème le mois dernier sur France inter :

« Je veux ouvrir une discussion. J’ai d’ailleurs commencé de le faire avec les professeurs des écoles, sur le métier d’enseignant. Aujourd’hui le métier a changé. (…)

Il faut en parler pour les services des enseignants. Si vous prenez le modèle allemand, les professeurs sont payés 20% de plus qu’en France, mais ils ont 25 heures de cours, et les chefs d’établissement doivent enseigner, et les professeurs sont bivalents. »

Un changement décisif pour la profession, qui s’amorce avec la réforme des rythmes scolaires.

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L'AUTEUR
Hugo Lautissier
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