Appartement 16
  • 7:55
  • 30 janvier 2013
  • par Laurent Burlet

Une manif de moutons contre le puçage électronique

1224 visites | 41 commentaires

Parti lundi de Mornans (dans la Drôme), un troupeau de 200 moutons mettra cinq jours pour gagner Valence. A la tête de cette manif-transhumance de 50 kilomètres, une cinquantaine d’éleveurs et bergers qui dénoncent l’industrialisation de leur métier de paysan, qui passe notamment par l’obligation de mettre une puce électronique à leurs bêtes.

manif-Transhumance-puce-moutons

La manif-transhumance entre Mornans et Saoû, dans la Drôme. Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

« Hier, on nous a imposé une vaccination inutile. Aujourd’hui, il faut mettre des puces électroniques aux moutons. Et demain, nous devrons acheter des béliers dans des centres d’insémination ».

L’éleveuse Laure Charoin s’active autour des clôtures en plastique qui retient encore pour quelques minutes les quelque 200 moutons qui vont s’élancer et marcher jusqu’à Valence.

Ce lundi après-midi, accompagnées d’un bélier, les brebis partent de Mornans, minuscule village niché dans l’un des plus beaux coins de la Drôme.

En huit kilomètres, elles rejoindront Saoû, à quelques encablures de Die, entre la Provence et le Vercors. Là où les touristes les plus fortunés achètent des ruines pour en faire des résidences secondaires. En mode transhumance, les bêtes devraient atteindre vendredi la préfecture de la Drôme.

Le troupeau est conduit par une cinquantaine d’éleveurs venus de tout le département. Les visages sont tendus. Peut-être à cause de la bise qui vous glace le sang.

« Cela me rappelle le Larzac », glisse une des voisines venue en soutien. Comme pour la mobilisation dans les années 1970 contre l’extension du camp militaire, un vent libertaire pousserait ces paysans drômois, réfractaires aux nouvelles normes de traçabilité. Comme pour le plateau aride de l’Aveyron, la Drôme fait figure de terre de résistance contre cette obligation de mettre une puce électronique aux moutons.

 

« No puçaran »

Depuis janvier 2010, un règlement de l’Union européenne impose pour tous les ovins un système d’identification électronique au moyen d’un « transpondeur », plus communément appelé puce RFID que l’on peut retrouver sur les cartes de transport en commun ou dans les passeports. Pour les brebis, cette puce est placée sur une boucle d’oreille en plastique et comprend le numéro de l’élevage et le numéro de la bête.

 

boucle-electronique-Moutons-RFIDBien que plusieurs syndicats agricoles, dont la Confédération paysanne, soutiennent ce mouvement, le cortège n’a ni banderole, ni drapeau. Tout juste peut-on trouver un carton avec l’amusant message « no puçaran » -en référence au « no pasaran » des antifascistes espagnols. On remarque surtout des t-shirts que portent certains éleveurs, avec inscrit « No Futur, ni pucés, ni soumis ».
Un slogan qui résume la posture de ces éleveurs : défendre une certaine idée de l’agriculture en opposition avec une agriculture plus industrielle et productiviste.

 

« Un marché juteux pour les nanotechnologies »

Pour ces paysans, les puces sont un des éléments de cette dérive redoutée vers l’industrialisation. Car, pour l’instant, rien ne change :
il y a les mêmes informations que celles écrites sur les deux boucles plastiques déjà obligatoires pour la traçabilité.

Sébastien Pelurson, l’un des principaux organisateurs de la transhumance, mène le troupeau de son village de Mornans jusqu’à Saoû. Il possède 230 brebis et 25 chèvres qu’il n’a pas faites « pucer » :

« Comme d’habitude, ce sont les gros exploitants agricoles qui ont poussé pour que les puces électroniques deviennent obligatoires. Avec plusieurs milliers de têtes de moutons, ils peuvent gérer leurs troupeaux avec des scanners que les petits exploitants ne possèdent pas. »

Les chambres d’agriculture subventionnent jusqu’en juillet 2013 l’achat de puces électroniques à hauteur de 70 centimes sur un euro d’achat. « Une manière d’aider davantage les gros exploitants », précise l’éleveur qui pointe également un potentiel marché juteux :

« L’industrie des micro et nanotechnologies fait du lobbying pour qu’on s’équipe. Sans les aides actuelles, il en coûtera cinq fois plus cher au paysan qu’avec de simples boucles plastiques ».

 

« De simples exécutants de l’agro-alimentaire »

Le discours est rodé. Car derrière l’apparence désordonnée de la manif-transhumance, l’organisation est minutieuse : site Internet, équipe vidéo, contacts presse. Ce collectif s’est structuré il y a deux ans autour d’une première mobilisation contre l’obligation de vacciner les brebis contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Pour les éleveurs, ce fut la première tentative de leur imposer une façon « inutile et dangereuse » de travailler. Depuis, cette obligation a été levée.

Après les puces, c’est le bélier que les éleveurs seront contraints d’aller acheter dans un centre d’insémination. Date prévue de cette nouvelle obligation : 2015. Elle est au coeur des revendications, explique l’éleveuse Laure Charoin :

« Sous prétexte de lutter contre la tremblante du mouton, ils vont sélectionner génétiquement des béliers. Nous ne pourrons plus échanger nos béliers, en fonction de nos propres critères. Comme pour les OGM, on va perdre en diversité génétique ».

Sans badge, ni drapeau, le porte-parole de la Confédération paysanne de la Drôme, Vincent Delmas, est présent au premier jour de cette transhumance :

« Comme pour le puçage, ce sera une grande perte de liberté pour les éleveurs. »

Cette perte a un nom : « l’intégration ».

« Les éleveurs de brebis deviendront comme nos collègues qui font du porc ou de la volaille, qui sont de simples exécutants de l’agro-alimentaire. Ils nous amèneront un bélier et, puis ils nous imposeront une manière de manger et de les soigner ».

Le « ils » revient toujours dans la bouche des éleveurs. « Ils », ce sont les « technocrates » de Bruxelles ou du ministère de l’agriculture mais aussi les grands exploitants agricoles, qui « travaillent » main dans la main avec les premiers.

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Laure Charoin parée du t-shirt officiel de la transhumance. Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

 

« On ne veut pas être des cobayes »

Etienne Mabille et sa femme Irène sont également aux avant-postes de cette transhumance. Le bonnet enfoncé jusqu’à sa barbe de père Noël, Etienne marche. Quant à Irène, elle conduit un des camions qui sert de voiture-balais. C’est à la suite de leurs aventures qu’a été décidée cette manif de brebis. Car ils font partie des premiers éleveurs à être sanctionnés pour avoir refusé de mettre des puces à leur soixante brebis.

Après un contrôle, la Direction départementale du Territoire (DDT, ex-direction de l’agriculture) leur a signifié au mois d’août dernier la perte des primes liées à la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union européenne. Etienne Mabille a évalué la perte totale à environ 8 000 euros.

Heureusement pour les Mabille, leur exploitation des Baronnies, dans la Drôme, est diversifiée. Plantes aromatiques, épeautre… Tout en bio. Et puis, à 55 ans, ils arrivent en fin de carrière. Mais ils ont promis de se battre contre « cette absurde diarrhée législative » :

« Nous voulons seulement qu’on nous laisse le choix de nos outils. Nous ne sommes pas des cobayes. Aujourd’hui, ce sont les brebis. Demain, est-ce que ce seront les enfants qui porteront une puce pour ne pas qu’on les perde ? »

Le combat, Etienne en a l’habitude :

« Quand nous nous sommes installés en bio il y a 26 ans, on nous prenait pour des illuminés. Il a fallu se battre pour obtenir les mêmes soutiens que les autres agriculteurs. »

Puce-Electronique-Moutons-Etienne-Mabille

Etienne Mabille va perdre près de 8 000 euros d’aides pour s’être opposé au puçage de ses brebis Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

 

Sans puce, plus d’accès à l’abattoir

A la différence d’Etienne Mabille, la grande majorité des éleveurs dépendent fortement des aides de la PAC. Entre un tiers et la moitié des revenus des éleveurs de brebis destinées à la viande sont des subventions.

Les aides étant conditionnées par le respect de la réglementation européenne, certains, contraints, ont mis des puces à leur brebis. Comme cet éleveur de la plaine de la Drôme, qui est, malgré tout, venu à la transhumance. « Résistant passif » comme il se définit lui-même, il est venu soutenir les éleveurs qui sont en pointe, ceux qui n’hésitent pas à donner leur nom aux journalistes en toute connaissance de cause. Yvan Delage, du Haut-Diois, assume :

« Tous les paysans se plaignent de ces contraintes. Mais ils ont peur qu’on leur coupe les aides. On aurait peut-être dû bouger avant. Maintenant, on est obligés. »

Ce ne sont plus seulement les aides de la PAC qui dépendent du puçage mais aussi l’accès aux abattoirs et les autorisations de transhumance. Laure Charoin témoigne :

« Dernièrement, j’ai amené une dizaine d’agneaux de lait à l’abattoir. Sans puce. La vétérinaire m’a appelée pour me dire que c’était la dernière fois. Si je ne peux plus accéder à l’abattoir, comme je vais faire ? »

« La motivée », comme on la surnomme, reste malgré tout optimiste. « On se fera entendre ». Ce sera sous les fenêtres du préfet de la Drôme, vendredi, à Valence.

> Article modifié le 1er février à 12h42 : le préfet de la Drôme a finalement autorisé la manifestation jusqu’à la préfecture.


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41 Commentaires postés

  1. Ces babas libertaires sont des survivants d’un autre siècle dont la clientèle est constituée principalement de leurs descendants qui sont des bobos libéraux. Ils n’ont pas compris qu’il faut en assumer les conséquences. Les règles du libéralisme sont valables pour tous. Manif ou pas, la loi passera.
    (Après çà, pour les plus bigots d’entre eux, rien ne leur interdit d’avoir recours aux services des prêtres-chamanes et autres thérapeutes libéraux-newage pour conjurer le sort mais ce n’est pas cela qui empêchera la marche du progrès pour tous, bien au contraire.)

    • La marche du progrès, on peut la présager avec une implantation systématique sur les humains. Les récalcitrants étant écartés économiquement comme les éleveurs qui ne toucheront plus les aides européennes. Je pense que ce petit évènement local représente bien plus que ce que l’on pourrait croire. Alors, pour ma part, je soutiens ces éleveurs.

    • Et bien toi Kriz, tu n’as rien dans la cervelle. Il faut réfléchir un peu plus ou reste alors dans ton ignorance stérile.

    • Votre commentaire ne veut strictement rien dire.

      Vous alignez des mots préfabriqués avec moins d’intelligence qu’un robot.

    • « (Après çà, pour les plus bigots d’entre eux, rien ne leur interdit d’avoir recours aux services des prêtres-chamanes et autres thérapeutes libéraux-newage pour conjurer le sort mais ce n’est pas cela qui empêchera la marche du progrès pour tous, bien au contraire.) »

      Quel progrès????

    • Cher Monsieur
      je suis navrée votre commentaire est depourvu de solidarité et d humanisme heureusement que d’autre françiais ne pensent pas comme vous quel tristesse . Je suis convaincue de s’opposer a cette methode est essentiell

  2. On devrait remercier ces gens qui s’engagent pour défendre leurs libertés, leurs outils de travail. A quoi rime ce puçage électronique ? Un marché juteux, c’est sûr pour les fabriquants mais quel intérêt pour les éleveurs ? Ces messieurs de Bruxelles en costume cravate, n’ont pas la moindre petite idée en quoi consiste le métier d’éleveur transhumant, alors un peu de modestie, un peu de simplicité et que l’on cesse de mettre des batons dans les roues à une profession déjà sinistrée !

    • C’est sans compter sur les retombées pour les gros porcs de l’agro-alimentaire qui imposent le passage par eux pour avoir un bélier.

      Ou quand le progrès implique de rançonner au nom de la propriété. C’est la même avec les agriculteurs à qui on interdit de récupérer les graines de leur production au motif qu’il y a des droits de propriété intellectuelle. On croit rêver…

    • Objectivement, c’est un outil assez utile pour tout ce qui concerne la surveillance épidémiologique.

      • « Objectivement, c’est un outil assez utile pour tout ce qui concerne la surveillance épidémiologique. »

        Ah bon? et en quoi donc, puisque ce tag reprend exactement les données déjà présentes sur les boucles plastiques?

        • Parce que la collecte et le traitement de données portant sur des milliers de brebis chaque année est un peu délicat à faire à la main.

          • Euh, je vais insister, mais « ah bon »?

            ça veut dire que les solutions actuelles ne fonctionnent pas?
            ou, pour prendre un exemple de traitement de données en grand nombre, ça veut dire que, par exemple, le recensement de la population en France, fait en porte à porte sur du papier, puis dématérialisé, ça ne fonctionne pas?

            vraiment, je ne vois pas en quoi cela solutionne un problème précis, ou améliore de manière significative l’existant.
            mais je veux bien qu’on m’explique si c’est le cas.

            le problème avec les soit-disant « avancées technologiques » c’est qu’on arrive toujours à trouver à posteriori des justifications à leur utilisation. mais démontrer leur intérêt à priori est souvent bien plus délicat. or c’est pourtant la clef d’une acceptation plus large.

          • Effectivement, cela n’a pas pour but de résoudre un problème précis, cela utilise la technologie disponible pour passer à un autre niveau du contrôle épidémiologique.

            Est-il possible de vivre sans? Probablement.

            Est-ce que cela a un intérêt pour la gestion de l’élevage à l’échelle nationale, en-dehors de toute théorie du complot et de la volonté d’insérer des gènes aliens pour que les Men In Black puissent s’emparer du marché du fromage de brebis drômois? Certainement.

            Comme c’était ça votre question et que c’est mon métier (pas les puces en particulier mais l’élevage extensif), je me suis permis d’y répondre.

            Ce n’est pas parce qu’il y a des projets de société concurrents et peut-être incompatibles que l’écrasement d’un projet minoritaire par l’avancée du projet majoritaire relève forcément d’un complot spécifique – c’était déjà le problème de Kokopelli.

          • Ne préjugez pas d’arrière pensées dans ma question, la théorie du complot ne m’intéresse pas. Mais c’est quand même toujours triste de voir qu’on la ressort systématiquement à chaque fois qu’un groupe, quel qu’il soit, est incapable de démontrer l’intérêt de sa démarche pour les autres…

            Car l’affirmation que ce projet est majoritaire en regard d’autre est purement péremptoire, d’autant que vous reconnaissez vous-même qu’il n’a pas pour vocation de résoudre un problème précis, et qu’on pourrait tout à fait vivre sans.

            Parce qu’entre utiliser une technologie, et la rendre obligatoire pour tous, il y a un pas qu’il n’est quand même pas toujours nécessaire de franchir, si? Un projet majoritaire a-t-il pour vocation a toujours devenir LE projet unique?…

          • Le fait que l’élevage intégré à l’agro-industrie soit majoritaire en France et en Europe me paraît établi – que vous n’y voyiez qu’une affirmation péremptoire me semble contredire votre premier paragraphe.

          • Je ne savais pas que « l’élevage intégré à l’agroalimentaire » était « un projet de société », comme vous l’affirmez – j’insiste, de manière péremptoire – dans votre post précédent.

            Le fait que vous souhaitiez me maintenir dans un cadre « complotiste » rend l’absence de votre argumentaire particulièrement criante…

  3. En fait cette histoire de puce RFID résonne à mes oreilles comme celle des éthylotests ou de la tentative d’instauration d’un contrôle technique automobile annuel.

    Un lobby qui va se faire plein de fric pour si peut qu’il arrive à capter (attention je ne dis pas acheter) l’oreille d’un commissaire Européen.

    • Ces puces RFID, que l’on peut mettre et tracer partout représentent un des pires dangers pour la démocratie pour les années à venir.

      Bon, demain, photos de la manifestation à Valence.

  4. Bonne chance à eux, pour ma part je les soutiens totalement (de loin, ça ne sert pas à grand chose hélas…). Ce genre de dérives qui passe en douce dans l’indifférence générale est révoltant. Ceci dit visiblement pas mal de moutons seront bientôt volontaires pour se faire pucer, eux aussi…

  5. je suis tout a fait d accord avec kriz,hélas je les connais bien tres bien……………..ils ne sont que des poetes et des reveurs…….comment les prendre au sérieux????ils restent une maigre minorité mais bon ils aiment l ambiance !!!en ce moment c est plutot calme chez les brebis………ca fait passer le temps……..

    • vrai paysan sans prime……produit rare….respect

      a vous de vous battre, on vous soutient
      bientôt les puces sur les hommes…….

      • et oui je me creve tous les jours pour y arriver!!!j aime le travail bien fait !seule cette idéologie de l agriculture la sauvera!la qualité et le sérieux et pas besoin d aide…….

        • Sachez, monsieur le vrai paysan sans prime, que certains éleveurs qui ont participé à la transhumance avaient 80 litres de lait de brebis à transformer tous les jours, d’autres étaient en plein agnelage.
          Sachez, monsieur le vrai paysan sans prime, que ce n’est pas le rêve qui nous fait agir mais l’aliénation progressive mais certaine de notre métier et petit à petit de nos vies grâce au contrôle alimentaire par des (bientôt une) firmes agro-alimentaires internationales. Je vous laisse imaginer le tableau paysager et social de nos campagnes et la nourriture qui alimentera nos citadins !!
          Sachez, monsieur le vrai paysan sans prime, que très bientôt, nous aussi nous n’aurons plus besoin de prime et quelle douce liberté de ne plus avoir ces menottes à nos poignets mais sachez aussi, que cette liberté n’est pas accessible à tout le monde et même de petits agriculteurs sans gros tracteurs ne peuvent vivre de leur production tout cela parce que les grandes surfaces ou autres intermédiaires se remplissent les poches sur leur dos. Pour ceux qui ont des gros tracteurs, ma foi, ils n’ont qu’à mieux gérer leur exploitation pour qu’elle soit « rentable » et mettre l’argent dans autre chose que des boulons!!
          Sachez, monsieur le vrai paysan sans prime, que lorsque les usines ne fonctionneront qu’avec des machines, que le service administratif ne fonctionnera plus qu’avec internet et des ordinateurs, que l’alimentation ne sera produite que par des énormes usines agro-alimentaires, vous serez bien seul dans votre ferme sans prime et peut-être plus beaucoup de consommateurs pour acheter votre production !!

  6. L’article est partial. Seul un point de vue est présenté. Pourquoi les raisons avancées par l’administration pour imposer ces mesures ne sont-elles pas exposées? Comment le lecteur peut-il se faire une opinion objective? Sans cela ce n’est pas du journalisme, c’est de la propagande.

    • c’est à toi citoyen de chercher l’info pour te faire ton opinion, là est exposé un point de vue, il faut l’entendre et le respecter. Comme on entend le discours des pro puçage même si on le refuse, c’est la seule façon d’argumenter contre.

  7. hé bien une fois de plus, je pousserai le vice un peu plus loin: en cas de coup dur, comment affamer une population? et bien en éliminant tout moyen de subsistance.
    Et si ces puces renseignent sur la location du bétail?
    J’ai des bêtes, ni vaccinées, ni pucées et il est hors de question que je le fasse.
    C’est comme si je mettais une puce à mon enfant.
    Pas d’accès aux abattoirs? et bien que cela ne tienne, on créera des stations d’abattoirs mobiles, qui auront en plus le privilège de ne pas stresser les animaux.

  8. Bientôt le puçage obligatoire pour les humains, sans quoi tu n’auras plus accès à ton RMI ou ton Allocation chômage ou même ton compte bancaire …etc

  9. Je vous conseille, pour ceux qui auront l’occasion de le voir, le documentaire « Mouton 2.0 : La puce à l’oreille », assez intéressant sur la question. Sans porter de jugement de valeurs sur les motivations de ces bergers qui ont su rester « roots », les avantages que présentent les puces RFID sont indéniables. Mais ce qui est effrayant c’est cette pression et ce dogmatisme imposés par le lobby des nanotechnologies sur un mode d’élevage qui représente avant tout un mode de vie, des idéaux et des valeurs. Longue vie au vrais paysans !

  10. Bonjour,

    Quelques photos de la manifestation d’aujourd’hui devant la Préfecture de Valence :
    http://photo-panoramique.eu/galerie-phototheque/reportages-espace-client/ni-puces-ni-soumises/

  11. « Dernièrement, j’ai amené une dizaine d’agneaux de lait à l’abattoir. Sans puce. La vétérinaire m’a appelée pour me dire que c’était la dernière fois. Si je ne peux plus accéder à l’abattoir, comme je vais faire ? »

    Cette phrase enlève toute la sympathie que j’avais pour cette marche d’éleveurs au début de l’article. C’est un métier de mort que vous exercez, élever des bêtes pour leur faire connaître l’horreur de l’abattoir. Bien loin de la vision romantique que les gens ont des bergers qui aiment leurs bêtes (autrement que pour le profit qu’ils en retirent).

    • Et bien oui, la viande morte, avant d’être ce qu’elle est, c’est des animaux vivants !!!!!

      Maintenant, il faudrait arrêter d’écrire trop de conneries, nous ne pourrons pas passer notre temps à vous répondre.
      Merci beaucoup

      • Sans déconner ???

        Je ne pense pas que ce soient des conneries de dire ça et de remettre en question notre comportement vis-à-vis des animaux. Heureusement je ne suis pas le premier, bien d’autres l’ont fait avant moi (Paul Mc Cartney, Gandhi, Tolstoi, Théodore Monod, Louise Michel, dernièrement Aymeric Caron, la liste est très longue), bien d’autre suivront…

    • Ne mangez-vous pas de viande? ne mangez-vous pas de fromage?
      il faut maintenant regarder la réalité en face!
      la vie n’est pas que romance….hélas

      • Comme 1 million de personnes en France, je ne mange pas de viande. J’ai depuis arrêté de consommer du fromage quand j’ai pris en considération le sort des veaux, des chevreaux condamnés à mort alors que c’est à eux que le lait de leurs mères est destiné. Et aussi quand j’ai vu que pour tout remerciement c’est à l’abattoir qu’on envoyait ces dernières une fois qu’elles n’étaient plus rentables, c’est-à-dire à la moitié de leur vie dans le meilleur des cas. C’est au contraire parce que j’ai regardé la réalité en face, loin des images publicitaires idiliques, que j’en suis arrivé à réfléchir sur mes comportements alimentaires et à les changer.

        • Heureusement que tous les peuples du grand nord, qui ne subsistaient qu’avec des protéines animales, n’avaient pas le même raisonnement que toi et ton million de copains , sinon, aujourd’hui ils feraient une salle gueule.
          Alors, ta vision de ta réalité, dans un pays où tu ne manque de rien, et où tu as tout le loisir de compenser et composer ton alimentation c’est facile, mais vas tenir le même discours devant des gens qui ont faim et on en reparle.

          • OK, je précise : pour nous qui ne sommes pas du grand nord et qui avons accès à une grande diversité alimentaire, la consommation d’animaux et de produits animaux n’est plus une nécessité, donc le choix est possible. Je ne tiens pas ce discours à ceux qui ne l’ont pas.
            Concernant la faim dans le monde, savez-vous que dans des pays où l’on souffre de malnutrition des ressources nécessaires à l’alimentation humaine sont détournées au profit de l’élevage, la France étant le premier importateur européen de céréales pour son bétail ? (source : viande.info) Certes je précise avant de me faire voler dans les plumes que ce n’est surement pas du fait des éleveurs dont il est question dans l’article, qui défendent surement une autre conception de l’élevage.

          • On peut ajouter aux peuples du grand nord ceux du Sahara et du Sahel mais aussi les éleveurs de montagne dont je fais partie… Désolé mais entre 900 et 1200m d’altitude et sur des pentes non mécanisables je n’ai pas d’autre possibilité comme beaucoup d’éleveurs de montagne que d’élever du bétail. Je déplore la brutalité de nos abattoirs et espère qu’un jour on améliore les conditions d’abattage. En attendant le moment fatal, au moins nos animaux vivent une vie heureuse en montagne à la différence de ceux élevés dans des usines concentrationnaires . Et si on supprimait la production de viande, toutes ces petites fermes de montagne disparaitraient et le désert rural s’installerait plus encore. Le puçage et toutes les contraintes liées aux aides européennes nous dépossèdent de notre métier et nous transforment en assistés, c’est important d’avoir le courage de se rebéller. Nos libertés sont grignotées de plus en plus sous prétexte de sécurité, unissons nous, consommateurs et paysans pour le dénoncer tant qu’il est encore temps !

  12. scandale viande de cheval contre puçage des moutons :
    question traçabilité, les autorités devraient plutôt contrôler les abattoirs, en particulier ceux des anciens pays de l’Est devenus membres de l’UE : on sait que les obligations et les contrôles y sont beaucoup moins contraignants, que les industriels de l’alimentaire en profitent pour s’installer à bas coûts et low-cost signifie forcément baisse de la qualité : laissez nos moutons tranquilles et occupez-vous des filières industrielles dont la multiplicité des intervenants favorise la fraude pour augmenter les profits et oppose le « responsable mais pas coupable » quand ils sont pris.
    Bruxelles devrait virer les lobbyistes de l’agro-alimentaire (entre autres) mais nos élus et leurs fonctionnaires, dont nous sommes les « vaches à lait » et qui nous « tondent la laine sur le dos » n’y ont pas interêt…

  13. Personnellement le puçage m’a permis de faire un suivi et tracer informatiquement mon troupeau au niveau de ma ferme