Si tu reviens, j’annule tout. C’est, en l’espèce, ce qui semblait ressortir de l’invitation du club de la presse de Lyon à Jean-Michel Aulas, envoyée la semaine dernière. Après un communiqué dans lequel il dénonçait le “tri” opéré par le candidat lors de ses déplacements presse, l’institution lyonnaise de l’info avait voulu jouer l’apaisement.
Dans un courrier, elle a invité l’ancien magnat de l’OL à rencontrer ses adhérents au club. Une invitation qui n’est pas une première. Depuis le début de la campagne, plusieurs candidats, dont Georges Képénékian, Nathalie Perrin-Gilbert ou encore Alexandre Dupalais se sont prêtés à l’exercice, somme toute plutôt classique, du point presse devant les journalistes lyonnais.
Aulas rencontrera les journalistes de Lyon… quand il sera maire
Qu’en dit « JMA » ? Le candidat est pour, bien sûr ! Mais… Après les municipales. “Dans la période actuelle, ma priorité est d’aller à la rencontre des Lyonnais et des Lyonnaises, écrit-il dans une réponse que nous nous sommes procurée. C’est à eux, en premier lieu, que je consacre mon énergie.”
Bon prince, il précise : « Je suis en revanche tout à fait disposé à accepter votre proposition de rencontre à l’issue du scrutin, dans un climat plus apaisé et à un échange de fond sur le rôle des médias. » Pour lui, cette rencontre sera plus utile car elle se tiendra « en dehors de l’intensité propre à la période électorale. » Mazette. À quoi bon débattre avant un scrutin, quand on sait déjà qu’on va être élu en mars ?
C’est d’ailleurs le petit refrain que font tourner les adversaires de JMA à son encontre : l’ex-patron de l’OL refuserait le débat, la contradiction… Soyons clair : en position de « favori », on peut comprendre que Jean-Michel Aulas ait peu d’intérêt à perdre des points dans des débats dans lesquels il a tout à perdre (Emmanuel Macron avait effectué la même stratégie en 2022). Pour l’heure, il devrait participer à un débat télé le 24 février sur BFM, en présence des autres candidats.
De là à refuser une rencontre avec la presse… “Proposer que cette rencontre se tienne après les élections nous interroge – et nous inquiète quant à l’attachement que vous revendiquez à la liberté de la presse et au respect du débat démocratique – alors qu’une campagne est justement un temps de rencontre normal entre les citoyens, les médias et les citoyens”, s’est ému le club dans une réponse que nous avons pu consulter. L’institution a renouvelé son invitation au candidat.
Aulas à Lyon : « un média à lui tout seul »
Pas dit que celle-ci aboutisse. Dans un post Linked In, intitulé sobrement « J’aime mon métier », Roman Abreu, président cofondateur de 2017, l’entreprise en charge de la campagne de JMA, a apporté des éléments de précision sur sa façon de voir le métier. Il a notamment attaqué des journalistes qui « sous couvert de journalisme » mèneraient un combat « militant » où « le contradictoire et la précision » deviendraient « secondaire » – sans nommer les médias en question. Mais, plus important encore, il a souligné un point :
« Quand un candidat [Jean-Michel Aulas] dispose d’une telle audience, il devient, qu’on le veuille ou non, un média à part entière”, indique-t-il. Conclusion : plus besoin de passer par les médias (ni par la contradiction ou les questions qui fâchent), on se suffit à soi-même. »
Sur ce point, difficile de lui donner tort. Via sa présence sur les réseaux, les vidéos qu’il fait avec des anciens joueurs de l’OL… JMA est visible, sans les médias. Reste qu’il ne s’en passe pas totalement.
Outre des points presse (où tous les journalistes ne sont pas invités) et des tribunes distribuées à droite, à gauche, le candidat Aulas, chouchou des médias parisiens, a tout de même accepté des invitations sur LCI, France 2, dans Quelle époque, ou, plus récemment encore, ce mardi 17 février sur la matinale de France Inter, avec Benjamin Duhamel.
Invité à s’exprimer publiquement pour la première fois après la mort de Quentin D, le candidat s’est un peu pris les pieds dans le tapis, répondant que Lyon était surtout la “capitale des embouteillages” quand le journaliste l’interrogeait sur le fait de savoir si Lyon était la “capitale de la violence politique”.

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