Tête de liste le mercredi, démissionnaire le vendredi. Signe de la (très grande) fébrilité qui traverse la gauche à Rillieux-la-Pape, le communiste Christian Combier a annoncé, par communiqué, ce 13 février, quitter la liste d’union des gauches « Unir Rillieux », dont il avait repris la tête, le 11 février.
En cause ? Des délibérations portées par le maire (Horizons) Alexandre Vincendet pour porter plainte contre la France insoumise, débattues lors du dernier conseil municipal de Rillieux-la-Pape, jeudi soir. L’édile a décidé d’attaquer un communiqué du parti de Jean-Luc Mélenchon, informant de son ralliement à l’alliance locale de la gauche. Dans le viseur de l’édile, cette phrase :
« Cette décision [de ralliement à l’union des gauches, ndlr] résulte d’une ferme volonté de rupture d’un système politique basé sur la stigmatisation, le racisme et l’abandon des habitants. »
Des termes diffamants pour le premier édile… et pour Christian Combier. « J’ai voté pour ces délibérations, estimant que, même si sur le fond je suis en désaccord complet avec la politique sécuritaire d’Alexandre Vincendet, maire sortant, je ne peux, dans mon statut d’élu, cautionner une quelconque mise en cause de la ville, des fonctionnaires territoriaux », a justifié l’élu communiste. Perdant de nouveau des soutiens, il a décidé de quitter la liste, et la campagne.
À Rillieux, le « gâchis » de la gauche
Cheville ouvrière de l’union des gauches, Christian Combier quitte donc un projet lancé en janvier dernier et connaissant, depuis ses débuts, de nombreux rebondissements. Après la démission d’Édouard Raffin, dimanche 8 février, accusé de violences conjugales, le communiste s’était lancé dans l’urgence, obtenant in extremis le soutien du député local, Abdelkader Lahmar (LFI).
Cet énième rebondissement laisse la commune orpheline d’une liste à gauche. À l’heure où nous écrivons ces lignes, rares étaient ceux à décrocher au téléphone du côté rilliard. Mis à part les personnes sûres de ne pas repartir, mises de côté ou dégoûtées de la situation.
« Ce n’est pas à moi de réparer ce que d’autres ont cassé », a lâché Raouda Djaballah, élue d’opposition rillarde. Insoumise, en délicatesse avec son parti depuis plusieurs mois, elle s’était opposée à la désignation d’Édouard Raffin comme tête de liste d’ »Unir Rilieux ».
Aujourd’hui, elle ne peut que constater le « gâchis » né de cette situation, alors que la gauche unie avait fait de très bons scores dans la ville, lors des législatives de 2024. « On avait averti, on n’a pas été écoutés. Maintenant, il faut que ceux qui ont fait les choix nous menant là prennent leurs responsabilités », lâche-t-elle.
Les différents partis ont jusqu’au 26 février pour constituer une liste. Le temps de faire les formalités administratives, contacter les imprimeurs, faire campagne… Le temps est plus que compté. Sans sursaut (très) rapide, la campagne pourrait être pliée, avant même d’avoir commencé. La gauche pourrait n’avoir personne dans le conseil municipal rillard (même dans l’opposition). Et ce, pour sept ans.

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