« On a besoin de duvets, le 115 nous a appris qu’on allait devoir dormir dehors », confie une femme emmitouflée dans son manteau devant la gare de la Part-Dieu (Lyon 3ᵉ). Ce jeudi 8 janvier, à 22h, le thermomètre affiche 0 °C. Elle et son mari vivent à la rue depuis quatre mois après avoir fui leur pays. Quatre bénévoles d’une maraude de la Croix-Rouge, reconnaissables à leurs gilets orange fluo, leur servent un thé chaud pour essayer de pallier le froid.
« Les conditions sont vraiment compliquées, avec le froid ça devient très dur », témoigne la cinquantenaire, gardant le sourire malgré le contexte dramatique. La veille, ils ont pu dormir dans un gymnase à Gerland (Lyon 7ᵉ), ouvert exceptionnellement par la préfecture en raison des températures négatives. Mais ce soir, ce n’est pas possible.


Ils ont essayé d’appeler le 115, le numéro d’urgence sociale, « pour pouvoir y retourner, mais la ligne était saturée », raconte-t-elle. Fatiguée, elle s’adosse au mur. Son mari ajoute : « on a réussi à avoir quelqu’un seulement à 20 heures. On nous a dit qu’il n’y avait plus de place. » Thierno Diallo, responsable de la maraude et salarié à la Croix-Rouge, tente également sa chance en appelant le numéro, en vain. Le couple devra passer la nuit dehors.
Dans le Rhône, 14 000 personnes sont en attente d’une place d’hébergement auprès de la Maison de la Veille sociale (MVS). Le système d’hébergement d’urgence est sursaturé, avec 8 800 places gérées par la préfecture.
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