Demande d’un « audit », mise en place d’un « CityScore » pour « une ville efficace, qui permet de mesurer nos résultats en direct », faire appel aux « technologies les plus modernes » comme l’IA « dans les politiques publiques comme dans les entreprises »… Jean-Michel Aulas, candidat Coeur Lyonnais à la mairie de Lyon, aime comparer la gestion d’une collectivité territoriale à celle d’une grande entreprise.
Ce qui n’a d’ailleurs pas échappé à certains opposants. David Kimelfeld (Progressistes) s’est permis de le souligner au cours de son dernier conseil métropolitain, le 15 décembre dernier.
« L’exercice d’un mandat exige des compétences particulières, et des expériences acquises dans le monde de l’entreprise ne sont pas des garanties de bonne politique. Il suffit de penser à Donald Trump pour se convaincre qu’un patron n’est pas nécessairement un bon président », a taclé l’ancien président de la Métropole de Lyon entre 2017 et 2020.
Cela n’empêche, le vocabulaire « entrepreneurial » inonde l’espace public. Il suffit de voir les crispations autour de la dette, de la vigueur avec laquelle les Écologistes revendiquent leur bonne gestion financière en mettant en avant leur « bonne note » délivrée par l’agence de notation Fitch Ratings, évaluant « la santé financière d’une entreprise ou d’une entité publique », pour s’en persuader.
Quelles sont les conséquences d’un tel mélange entre gestion publique et privée ? Comment expliquer l’influence du privé dans le discours des élites locales ? Quels impacts sur les services publics ? Nous avons posé ces questions à Guillaume Gourgues, maître de conférences en science politique à l’Université Lyon 2.

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