Au centre de la cinquantaine de personnes rassemblées sur la place devant l’hôpital Edouard-Herriot, dans le 3ème arrondissement, 211 casques de protection sont alignés au sol. 211, comme le nombre de salariés morts sur un chantier en 2023 en France. « Nous sommes ici pour honorer la mémoire de celles et ceux qui ont perdu leur vie au travail », déclare Lionel Salomon, secrétaire fédéral de la FNSCBA-CGT (salariés de la construction du bois et de l’ameublement).
Les représentants CGT de différents secteurs se sont rassemblés, ce lundi 28 avril à 10 heures du matin, à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Le syndicat dénonce une « hécatombe silencieuse », alors que la France fait figure de mauvaise élève en Europe.

« Chaque matin, il y a quatre salariés qui vont au travail et qui ne rentreront pas chez eux, assène Ian Dufour, de la CGT Ministère du Travail. On ne doit pas perdre sa vie à la gagner. » La moitié décèdent sur les chantiers.
Dans le Rhône, selon des chiffres de l’Assurance maladie révélés par Rue89Lyon, 25 personnes sont mortes au travail en 2023 dans le département. Des chiffres, selon les syndicats, largement sous-estimés.
Morts au travail : un « enjeu national »
La CGT demande une amélioration des conditions de travail, une augmentation des effectifs et plus de prévention. Le syndicat insiste aussi sur la création de critères de pénibilité adaptés à chaque catégorie socio-professionnelle, comme pour le secteur de la santé où burn-out et suicides se multiplient. Il demande au gouvernement de faire des morts au travail un « enjeu national ».
L’organisation souligne aussi le manque de condamnation des entreprises lors d’accidents ou de décès au travail. Une enquête de Rue89Lyon avait révélé que 75 % des procès-verbaux dressés par l’Inspection du travail n’obtenaient aucune suite de la part du procureur de Lyon. « Les responsables doivent payer le prix de leur négligence », termine Ian Dufour. Avant d’appeler à se retrouver à nouveau dans la rue le 1er-Mai.

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