Le groupe scolaire musulman Al-Kindi a joué gros devant le tribunal administratif de Lyon, ce lundi 10 mars. Ses financements d’abord, mais, surtout, sa réputation. Il y a deux mois, la préfecture du Rhône a décidé de rompre les contrats qui liaient l’État à l’établissement (un pour le primaire, un pour le collège et un pour le lycée). En réponse, Al-Kindi a saisi la juridiction administrative pour faire annuler la décision concernant le lycée, dont l’ensemble des classes sont sous contrat.
Dans la salle, les soutiens sont venus en nombre pour assister à l’audience, ainsi que plusieurs élus locaux et un large parterre de journalistes, fait notable pour une cour administrative. Au-delà de la renommée locale de l’établissement (100% de réussite au bac), l’affaire est devenue un symbole du regard porté par l’État sur les organisations musulmanes. « Une politique du soupçon », expliquait auprès de Rue89Lyon, Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à Sciences Po Lyon.
Devant la justice, l’établissement et ses avocats ont tenté de faire reconnaître l’urgence de rétablir son contrat pour la continuité de l’enseignement de ses élèves. Surtout, Al-Kindi a fait valoir un « deux poids, deux mesures » dans son traitement par l’État, en comparaison avec des groupes scolaires privés d’autres confessions.

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