« Il n’y a que chez moi que je me sens vraiment en sécurité », nous confie Laure (prénom modifié). Ce dimanche soir de février, elle nous accueille dans le calme de son appartement du 7ᵉ arrondissement de Lyon. Son chat somnole, blottit sur le canapé à ses côtés.
Âgée de 23 ans, Laure est une jeune femme transgenre et maghrébine. « Dans cette société, je ne pourrait pas me permettre de cumuler une autre inégalité ! », rit-elle (jaune). Alors que les violences transphobes sont en augmentation, Rue89Lyon est allé à la rencontre d’une personne qui les vit au quotidien. Témoignage.
Du harcèlement transphobe au travail
À l’été 2023, Laure débarque à Lyon, son diplôme d’infirmière fraîchement obtenu, en quittant de force sa ville natale : son père a refusé sa transition de genre et l’a mise à la porte. Elle trouve un travail dans un hôpital de la métropole lyonnaise.
Mais, si elle parvient rapidement à stabiliser sa situation professionnelle, sa situation administrative affiche encore son deadname masculin – prénom attribué avant la transition de genre, ndlr – et son genre avant la transition. Des informations qui figurent sur le logiciel de soin utilisé par les équipes de son hôpital, exposées à la vue de tous.
« C’est là qu’a commencé le harcèlement, raconte Laure. Mes collègues faisaient des commentaires sur mon physique, regardaient particulièrement mes mains, mes pieds, ma pomme d’Adam, cherchaient à savoir ce que j’avais entre les jambes… Tout ce qui pouvait me ‘trahir’ physiquement. »
La jeune femme se rend au travail la boule au ventre. « J’étais scrutée sous tous les angles, donc je ne pouvais pas m’autoriser à y aller sans être parfaitement coiffée et maquillée tous les jours », souffle-t-elle. Elle en fait part à sa direction, demandant de changer son deadname par son nouveau prénom dans les statuts de l’hôpital. Mais on lui oppose un refus, jusqu’à la régularisation de son état civil, en 2024.

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