Mardi 12 mars, une vingtaine de policiers ont perquisitionné, au petit matin, l’hôtel de ville de Lyon. Selon des informations de Tribune de Lyon, les policiers ont mené « plusieurs auditions et des perquisitions dans le cadre d’une enquête portant sur le périmètre exact de postes de chargés de missions. » La police a auditionné sur place une dizaine d’entre eux et a procédé à la vérification de leurs téléphones et ordinateurs.
Selon le parquet de Lyon, une information judiciaire a été ouverte « du chef de détournement de fonds publics par personnes dépositaires de l’autorité publique », le 7 février 2024, par trois magistrats.
À Lyon, l’ambiguïté des rôles des chargés de mission au coeur des perquisitions
L’opération judiciaire cherche à préciser le rôle de ces employé·es qui, selon la Tribune, travaillent aux côtés des élu·es et adjoint·es au maire. Leur missions doivent porter sur un thème donné, pour l’administration de la ville. Ils et elles ne sont donc pas au service des élu·es. Seul le maire peut se faire entourer de conseillers politiques, au nombre de 12, au maximum. L’enquête vise ainsi à vérifier que la frontière entre le politique et l’administratif n’est pas franchie par les chargés de mission.
L’entourage du maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV), s’est voulu rassurant auprès de la Tribune :
« Il est normal de vérifier la situation des employés qui ont le statut de chargés de mission. La Ville est bien entendu à la disposition de la Justice et n’a comme habituellement en pareille hypothèse aucun commentaire à faire dans une enquête en cours. »
Une telle ambiguïté entre les sphères administratives et politiques autour desquelles gravitent les chargés de mission n’est pas nouvelle. Comme le précise Tribune de Lyon, des perquisitions similaires avaient été réalisées à l’Hôtel de ville, à l’époque où Gérard Collomb en était le maire.
La région aussi fait les frais de telles enquêtes. En octobre dernier la cellule d’investigation de Radio France révélait que plusieurs salariés pourraient être soupçonnés d’emplois fantômes auprès de Laurent Wauquiez (LR).
Une alerte de la Chambre régionale des comptes et de l’opposition de droite
Cette enquête et ces perquisitions à la mairie central ne sont pas sorties de nulle part. Le signalement a été donnée par la Chambre régionale des comptes, après une alerte de l’opposition de droite à la mairie. Celle-ci avait adressé un signalement à la CRC dès février 2021.
Les élus du groupe Droit, centre et indépendants s’inquiétaient notamment de la présence de chargés de mission auprès d’Audrey Hénocque, première adjointe, en charge des Finances. Ils avaient saisi la Commission d’accès aux documents administratifs pour accéder aux fiches de postes détaillées de ces chargés de mission. En septembre 2021, le conseil municipal avait clarifié la position de cette douzaine d’employés dans une délibération de modification des effectifs
« Nous redoutons qu’à travers cette nouvelle direction, vous dotiez vos adjoints de cabinets que vous allez qualifier d’emplois administratifs, alors qu’en réalité, ce seront des emplois de cabinet ou, en tout cas, des emplois qui auront une connotation très politique », exprimait Étienne Blanc, à ce moment là à la tête du groupe d’opposition.

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