Le domicile et le bureau du député (Génération écologie) de la 2e circonscription du Rhône Hubert Julien-Laferrière ont été perquisitionnés, mardi 27 septembre. Cette perquisition intervient dans le cadre d’une procédure ouverte par le Parquet national financier (PNF) pour trafic d’influence, corruption d’agent public et corruption privée, a révélé mercredi matin le quotidien Le Monde.
Les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance économique reprochent à l’élu lyonnais une prise de parole télévisée à la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (dont il est membre), le 23 février 2022.

Au cours de l’audition de Rémi Rioux, directeur de l’agence française de développement, Hubert Julien-Laferrière s’était lancé dans une surprenante promotion – pour le moins hors-contexte – d’une crypto-monnaie africaine, le LimoCoin. Mais aussi et de son créateur, le sulfureux entrepreneur camerounais Emile Parfait Simb. Selon l’élu, les cryptomonnaies contribueraient « à l’éradication de la pauvreté » et seraient « un levier de développement. »
Un député de Lyon plongé dans une affaire d’ingérence
Problème : Emile Parfait Simb est soupçonné de nombreux détournement de fonds et escroqueries, notamment aux cryptomonnaies. Le LimoCoin, relativement peu connu, aurait perdu 85 % de sa valeur en un an, selon le site CoinMarketCap. Ces soupçons existaient déjà lors de la prise de parole du député en février 2022.
Plus grave, cette intervention en pleine commission a été soufflée par Jean-Pierre Duthion, un lobbyiste habitué des opérations d’influence. Duthion est en effet l’une des pièces centrales de l’affaire M’Barki, ce journaliste de BFMTV viré pour avoir diffusé des reportages téléguidés depuis l’étranger, à l’insu de sa hiérarchie. L’affaire avait été révélée le 15 février 2023 par le collectif Forbidden Stories, quelques jours seulement avant que les liens entre Laferrière et Duthion ne soient révélés par Mediapart. Le domicile du lobbyiste a également été perquisitionné mercredi 27 septembre, précise Politico.
Le député lyonnais avait admis à Mediapart « avoir déconné », reconnaissant des entrevues avec le lobbyiste, mais jurant ne pas avoir été rémunéré pour sa prise de parole.
« Je démens fermement les affirmations selon lesquelles je serais “au service” de JP Duthion. Je réfute l’idée que je pourrais me servir d’une quelconque façon de mes statuts de secrétaire, ou référent de la commission au sein du groupe écolo, pour porter des sujets téléguidés », se défendait Laferrière dans un communiqué en février dernier.
Selon les informations du Monde, la justice se penche pourtant sur d’éventuelles contreparties à l’intervention d’Hubert Julien-Laferrière lors de la commission des affaires étrangères. Une enquête, ouverte à la suite des révélations de Médiapart, s’est jointe à celle sur les soupçons d’ingérence ouverte après l’affaire M’Barki/Duthion.
Elle a été confiée aux policiers de la sous-direction des affaires économiques et financières de la police judiciaire parisienne.
Joint par Rue89Lyon, Hubert Julien-Laferrière n’a pas répondu à nos sollicitations.

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