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C’est bien beau d’être artiste #35 : Li$on, magicienne du cloud rap à Lyon
Cultures  Sélection culture par la rédac de Rue89Lyon 

C’est bien beau d’être artiste #35 : Li$on, magicienne du cloud rap à Lyon

par Arthur Russias.
Publié le 26 mai 2022.
Imprimé le 01 décembre 2022 à 04:15
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Artiste hip-hop de 26 ans et rappeuse, Li$on occupe une place singulière sur la scène lyonnaise avec des sons mêlant RnB et cloud rap. Cet été, elle va faire vivre son style lunaire dans quelques lieux de l’agglo : aux Subs ce mercredi 15 juin (juste après l’apéro anniversaire de Rue89Lyon !), au Transbordeur le 2 juillet et au festival Woodstower fin août.

Lison est restée longtemps incertaine, hésitant entre une carrière d’illustratrice ou musicale.

« Je suis très honorée de faire un concert aux Subs », Li$on sous le Kraken des Subsistances. ©AR/Rue89Lyon

Enfant, elle débute de manière assez conventionnelle la musique, avec le piano et le solfège. Elle intègre ensuite un groupe de musiques actuelles, alors qu’elle n’a que 9 ans. Puis un autre, cette fois dans le rock, qui va le suivre toute son adolescence. Lorsque le groupe se sépare, elle met la musique entre parenthèses pour se consacrer à l’art et se former au métier d’illustratrice.

En tant que chanteuse, la jeune fille pense même à cette époque avoir atteint ses limites.

« Le rock, on a fait ça assez longtemps. Moi, en tant que chanteuse, je ne pouvais pas pousser jusqu’où je le désirais vraiment. Et justement, j’ai fini par pouvoir repousser mes limites dans la musique plus digitalisée », confie-t-elle.

Le cloud rap fabriqué depuis Lyon, signé Li$on

Mais en 2018, elle découvre un nouvel univers qui lui permet de s’exprimer autrement.

C’est ainsi qu’elle se dirige vers un style diamétralement opposé à ce qu’elle avait pu connaître : le RnB mêlé à l’électro.

« En général, je n’arrive pas à étiqueter ce que je fais mais les gens disent que je fais du cloud rap », précise-t-elle.

Ses nombreuses influences musicales permettent d’expliquer, en partie, l’identité qu’elle s’est forgée, bercée par le RnB avec Chris Brown, Usher mais aussi par Avril Lavigne et Paramore dans le rock. Pour ce qui est du rap américain, elle est influencée par des artistes comme Future et Gunna.

Des concerts et les animaux au cœur pour Li$on

« Pendant 3 ans, j’ai travaillé dans ma chambre, je me suis construite toute seule en tant qu’artiste. Puis un jour, j’ai décidé de mettre un pied en studio avec mon beatmaker attitré », avance-t-elle.

En 2018, lorsqu’elle renoue avec la musique, elle produit tout elle-même, de ses interludes au montage de son propre clip. Désormais, Li$on s’est bien entourée. La rappeuse lyonnaise est accompagnée sur scène par son beatmaker et ami Taemintekken et certaines de ses dates sont orchestrées par 69degrés.

En général, Li$on aborde des sujets liés à l’amour et à ses tourments, tentant de convaincre qu’il est possible d’effacer ses traumatismes. Mais la thématique qui lui tient particulièrement à cœur est celle du droit des animaux. Elle a longtemps été activiste dans ce domaine, c’est pourquoi un de ses premiers projets a été dédié à ces questions. La jeune lyonnaise compte résolument en faire un sujet central dans ses prochains sons.

Li$on va se produire sur de nombreuses scènes lyonnaises cet été : aux Subsistances, au Transbordeur et au festival Woodstower. Elle va assister à la finale de Buzz Booster à Nantes : un concours national de détection d’artistes Hip Hop. Par ailleurs, des projets sont en cours et vont paraître en septembre. Aujourd’hui, elle ne peut pas vivre de sa passion, elle a donc une autre activité professionnelle. Toutefois, elle espère un jour pouvoir se consacrer uniquement à la musique.

Le jeune artiste s’est prêtée au jeu de nos questions-réponses de la série « C’est bien beau d’être artiste ».

Rue89Lyon : Quel a été ton premier geste artistique ?

Li$on : C’est compliqué parce que mon but, avant, était de devenir illustratrice. Je dirais donc que c’est dans le dessin. En même temps il y a eu la musique très tôt dans ma vie. Après si je prends un truc qui n’a rien à voir mais qui est assez ancré dans le milieu artistique, c’est quand j’ai commencé à créer mon premier grimoire. J’étais petite. Je faisais des potions magiques dans le jardin et j’ai entretenu ce truc : c’est un vrai objet que j’ai encore aujourd’hui.

Quelle pratique artistique trouves-tu intolérable ?

Je dirais le cirque. Je ne sais pas si c’est considéré comme une pratique artistique mais oui le cirque avec les animaux.

Quelle est pour toi la plus grosse arnaque artistique ?

Pour être un peu piquante, je dirais l’artiste Ben. Le mec qui écrivait sur toutes les trousses qu’on avait au collège. Pour moi, c’est une arnaque ce truc. C’est trop facile.

« J’accorde une place très importante à mes tenues, elles sont toujours choisies en adéquation avec mon mood »

Ton pire souvenir pendant un concert ?

Il y a un truc que je m’inflige toute seule, depuis que j’ai refait de la scène, c’est d’enchaîner des changements de tenue derrière le rideau en 50 secondes. C’est hyper stressant. Pour mon dernier show, j’ai dû le faire trois fois. C’est traumatisant parce que si je ne le fais pas dans ce temps-là, je foire le truc. J’accorde une place très importante à mes tenues, elles sont toujours choisies en adéquation avec ma personnalité et avec mon mood.

Avec lequel de tes parents penses-tu avoir un problème ?

Je n’en ai pas. Je ne peux pas vraiment en avoir, ils me soutiennent et ils m’ont toujours soutenue. Je les aime pareil, je n’ai pas de souci avec mes parents.

A quelle personnalité politique pourrais-tu dédier un de tes concerts ?

Pour le coup, je dirais, même si je ne suis pas trop dans la politique en vrai, celle qui est le plus en adéquation avec ma façon de penser, c’est Greta Thunberg. Quelqu’un d’un peu vénère quoi. Quelqu’un d’incisif en fait. J’ai été moi-même militante pour le droit des animaux.

Le dernier produit culturel consommé / acheté / emprunté ?

J’ai commandé un vinyle. Donc je vais le consommer bientôt. Un vinyle d’Harold Budd, c’est de la musique contemporaine jazz.

« Mes projets artistiques sont solides, je pense que ça va marcher »

As-tu déjà sacrifié ton art pour de l’argent ?

Non et je ne compte pas le faire. Je compte bien rester fidèle à moi-même.

Le projet du prochain concert, c’est : 1/ se refaire une santé financière, 2/ montrer que tu es (toujours) en vie, 3/ prouver à un plan drague que tu es rappeuse ?

Je dirais la première.

Et sinon, comptes-tu faire un vrai métier, un jour ?

Aujourd’hui, je ne peux pas vivre de la musique, j’ai donc un travail alimentaire comme la plupart des gens. Un vrai métier [rires]. En réalité, j’ai l’impression que j’en fais déjà 150 000 en même temps mais tous mes projets artistiques sont solides, donc je pense que ça va marcher. C’est un vrai métier, la musique.

Article actualisé le 26/05/2022 à 11h40
L'AUTEUR
Arthur Russias

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