La Gonette continue de se développer sur Lyon. Au moins politiquement. Après l’adhésion de Villeurbanne et de la Métropole de Lyon à la monnaie locale lyonnaise en début d’année, la Ville de Lyon fait un nouveau pas vers cet outil censé développer l’achat local et responsable.
Ce jeudi 30 mars, une délibération a été votée en conseil municipal pour déployer le paiement d’une partie des indemnités des élus en Gonettes. Elle va permettre également à des usagers de services publics de payer leurs prestations via cette monnaie.
Selon le service presse de la Ville, plusieurs élus ont voulu que leurs indemnités soient versées, en partie, dans cette monnaie. Parmi eux, on compte Sylvain Godinot, Camille Augey, Valentin Lugenstrass et Bertrand Maes.
Les habitants pourront, eux, utiliser cette monnaie dans les musées et les archives municipales de Lyon.
Gonette : la monnaie locale, un marqueur politique fort pour les écologistes à Lyon
Un vote qui permet de remettre sur le devant de la scène un marqueur politique fort des écologistes. Ces derniers ont toujours été partisans du développement de monnaies locales. Logiquement, cela n’a pas manqué de faire réagir leurs oppositions.
« Quand j’entends que l’objectif est de créer une monnaie commune, je ne vois pas en quoi l’Euro n’est pas une monnaie commune », s’est interrogé Romain Billard (Droite, Centre et Indépendants).
Pour le groupe Pour Lyon, Louis Hernandez s’est fendu d’une tirade contre une monnaie locale servant « les intérêts de la Ville pour un projet de contre-société. »
« La Gonette ne doit pas devenir le bras armé d’une politique décroissante, s’est-il inquiété. Êtes-vous décroissant monsieur le maire ? Souhaitez-vous que la Gonette contribue à sortir de notre économie de marché ? »
Comme son mentor Gérard Collomb, qui avait plus tôt interrogé Grégory Doucet sur sa position concernant la légalisation du cannabis, l’élu a tenté d’amener le maire écologiste sur un terrain un peu polémique, avec moins de succès. « Je suis pour une économie de la prospérité », a répondu l’élu.
Une monnaie « complémentaire » à l’Euro pour développer le circuit-court
Au nom des groupes Les écologistes, Lyon en commun et des socialistes, Sophia Popoff a pris la défense de cet outil local.
« Il s’agit d’une monnaie complémentaire mais de pas de substitution, au même titre qu’un ticket restaurant, ou un compte épargne temps », a-t-elle rappelé.
L’idée pour la majorité : soutenir une finance plus éthique et un type d’achat local, en circuit-court, loin des « excès de consommation du capitalisme néolibéral », pour reprendre les termes de la rapporteuse du texte, Audrey Hénocque, première adjointe de Grégory Doucet.
Cette convention marque, en tout cas, un nouveau pas pour l’institutionnalisation de cette monnaie à Lyon. Le déploiement dans les régies publiques se déroulera par étape à partir de 2022. Quant aux élus volontaires pour être payés en Gonettes, ils devront choisir la part de leur indemnité qui sera reversée en monnaie locale.

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