« On parle de faire plus avec toujours moins, sur le plan humain c’est désastreux »
Dans le privé comme dans le public, les employés que nous avons rencontrés se disent « épuisés » et incapables de s’occuper des résidents dans de bonnes conditions. La baisse des dotations dans le secteur de la santé des personnes âgées a de nombreuses répercutions : moins de temps, plus de stress et davantage de turn-over.
Ce désengagement de l’Etat concerne également le réseau de soins à domicile et l’hôpital public.
Selon la CGT, le ratio personnel/résident est de 1,2 en Allemagne et de 0,6 en France, soit la moitié.

Sabrina Ghefsi, 40ans, aide-soignante au Centre Hospitalier Général d’Albigny-sur-Saône raconte ses journées à devoir s’occuper de 30 personnes, des personnes qui parfois demandent des soins lourds :
« Là où je travaille nous sommes en auto-gestion. Il n’y a pas d’organisation efficace, et en cas de problème avec les résidents c’est nous qui endossons les responsabilités. »
Dans le cortège, on trouve également des retraités venus en soutien. Comme Pierre, 65 ans, syndiqué chez FO :
« Le personnel n’en peut plus, certains sont traumatisés après avoir travaillé dans de telles conditions. Les 50 millions que propose l’Etat sont très insuffisants par rapport aux besoins. »
« Dans les Ehpad, le minimum n’est pas assuré »
Nabila Chared, 52ans, déléguée FO, estime qu’ »on arrive à un point où le travail est quasi minuté ».
Sa mère vit dans une maison de retraite :
« Ma mère me dit entendre le personnel courir dans les couloirs toute la journée par manque de temps. Une fois j’ai retrouvé ma mère en pleurs après le passage d’une infirmière. Elle me racontait qu’elle voulait lui donner ses médicaments alors que ma mère était aux toilettes. »

Inès Mollard est infirmière. Elle pointe également les conséquences sur les personnes :
« Bien souvent, on ne peut pas discuter avec les résidents qui sont pourtant en besoin de contacts humains. Le minimum n’est pas assuré. Les toilettes doivent durer normalement 20 minutes par personne. C’est beaucoup moins dans la réalité ».
Elle ressent un « malaise » vis-à-vis des familles qui rendent visite à leurs proches dont elle n’arrive pas à prendre soin. Faute de moyens.
« C’est de plus en plus difficile de tenir », finit-elle par lâcher.
>> Lire également l’article de Rue89 Strasbourg

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