Divine et Waters avaient jusque-là tracé leur sillon dans un cinéma underground, camp et confidentiel ; Hairspray marquait leur entrée dans le cinéma mainstream, dont ils s’apprêtaient à bouleverser les codes.
Le film reconstitue de manière totalement fantaisiste le Baltimore des années 60, déluré, coloré et outrancier où, comme le titre l’indique, le sommet de la mode consiste à arborer d’improbables coiffures laquées pleines de torsions impossibles. Culte de l’apparence que l’héroïne rondouillarde, Tracy Turnblad, bouscule en allant rivaliser avec une jolie poupée programmée pour cartonner dans un radio-crochet de la télé locale, transformant son succès en manifeste pour l’intégration et contre les préjugés en tout genre.
Des personnages igger than life
L’humanisme de Waters se défie de la prose lénifiante et si Hairpsray dessine un portrait de l’Amérique raciste, conservatrice et moralisatrice de l’époque, c’est pour mieux le fondre dans une comédie joyeuse bourrée de tubes musicaux et de personnages bigger than life.
Le casting est au diapason : les parents de Tracy sont incarnés par Divine et Jerry Stiller, père biologique mais aussi spirituel de Ben, ceux de sa rivale par un tandem de chanteurs mythique, Deborah « Blondie » Harry et Sonny « and Cher » Bono. Autant de raisons pour nous d’aller dépoussiérer la copie 35 mm du film fraîchement acquise par l’Institut Lumière et la présenter au cours d’une séance unique au goût estival et festif.
Hairspray
De John Waters (1988, ÉU, 92 minutes) avec Ricky Lake, Divine, Deborah Harry…
À l’Institut Lumière, jeudi 10 juillet à 20h
Par Christophe Chabert sur petit-bulletin.fr

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