La ville de Lyon a soigneusement attendu la fin des municipales pour annoncer ce qu’elle a prévu pour appliquer à la rentrée 2014 la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon. Sciemment, puisqu’elle l’a vidé de sens en regroupant le temps des activités sur le vendredi après-midi pour pouvoir mieux les organiser, au détriment de la volonté même de la réforme, qui cherchait à alléger le temps de travail quotidien des enfants.

Les 35 heures des parents et les 45 minutes de récré des enfants
Il faut dire que la réforme Peillon cherchait tellement à ménager la chèvre et le choux qu’elle n’a réussi qu’à motiver les mécontents. Effectivement, libérer les enfants 45 minutes plus tôt chaque jour ne permettait pas vraiment de leur proposer de faire une activité. Plutôt que de tenter une réforme de fond (par exemple, un vrai allègement de la scolarité de l’après-midi pendant 1h30 à 2h au profit d’activités, une diminution des temps de vacances, comme cela se pratique à peu près partout en Europe), l’ancien ministre de l’Education a ménagé tout le monde et n’a donc créé que du mécontentement en laissant en suspens la question du financement et de l’organisation de ces nouvelles activités et en laissant chaque municipalité s’organiser, ce qui, pour beaucoup d’enfants se résume à avoir 45 minutes d’étude ou de récré en plus.
Lyon choisit donc de consacrer le vendredi après-midi aux activités, ça tombe bien, c’est le moment où beaucoup de parents ont du temps depuis les 35h. Quant aux coûts, alors que beaucoup de communes ont choisit de prendre en charge le coût de quelques animateurs, Lyon propose aux parents de payer (2 à 19 euros par mois selon le quotient familial) en s’appuyant sur sa structure des mercredis de Lyon pour les prolonger. Pour faciliter la structuration des activités, Lyon préfère garder la main. Exit donc un dialogue entre associations et structures publiques pour imaginer des solutions… Lyon répond en disant que c’est trop compliqué et préfère faire par elle-même avec ses propres animateurs. On comprend pourquoi : la réforme ne donnant aucune piste pour favoriser ce dialogue et imaginer des solutions de financement.
Le (mauvais) choix de l’efficacité
En fait, comme d’habitude avec la politique, on se rend compte que si un bout de concertation existe (on écoute… et puis, on s’en torche), le dialogue et la coconstruction sont nuls et la démocratie de façade (au final, le recteur tranchera – et vous le voyez retoquer le projet lyonnais quand bien même toutes les écoles auraient voté contre ?). Le politique applique ses choix, opte pour la simplicité, l’efficacité organisante. Visiblement, nul ne sait rien des activités qui seront proposées (ça sera l’équivalent de ce que proposent les mercredis de Lyon, le vendredi, ne nous leurrons pas – même si pour l’instant ces derniers sont moins chers). La participation des associations ne se fera qu’à la marge…
Ce qui est dommage, c’est que la réforme, si elle avait été mieux pensée, plus radicale, aurait pu à la fois transformer l’école (ramener l’école de 4h à 5h de cours par jours, diminuer les vacances des enfants, amener des professionnels extérieurs à l’école dans l’école pour y apporter de nouvelles activités de qualité), améliorer le rythme scolaire des enfants (avec des après-midis consacrées au sport et aux activités) et développer la vie associative (en puisant dans le vivier associatif pour développer des activités stimulantes, en lien avec l’école). On en est bien loin.
Au lieu de cela, on fait grossir le mécontentement : des profs, des associations, des parents… Des enfants ? Non, eux, tout le monde s’en moque ! Qu’ils continuent à s’emmerder et à se plier à la discipline ! Non, mais.

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