Ce dimanche 25 novembre le Partito Democratico (PD) choisissait le candidat qui prendra la tête de la coalition de centre-gauche. Dans le viseur : les élections législatives du printemps 2013 et le remplacement de Mario Monti, président du Conseil depuis novembre 2011, date de la chute de Silvio Berlusconi. Les sympathisants de gauche devront donc départager le 2 décembre prochain Pier Luigi Bersani et Matteo Renzi qui ont respectivement obtenu 44,9 et 35,6% des suffrages, selon les résultats publiés par La Repubblica.
Et si Silvio Berlusconi a écoeuré la péninsule de la politique avec 20 ans de paillettes et de populisme, et que le Mouvement 5 stelle du comique Beppe Grillo surfe sur la vague du « tous pourris », une fois de plus, les italiens ont montré leur capacité à rebondir. La correspondante en Italie pour le Nouvel Obs ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme face à la forte mobilisation de ce dimanche : plus de 3 millions de votants.
Un peu moins qu’en 2006 mais un peu plus qu’en 2010. Car voilà, organiser des primaires citoyennes fait entièrement partie de la vie politique, même si pour l’instant seul le centre-gauche a fait de cette méthode de désignation un réflexe, comme l’explique un article de La Croix.
Adesso
Cette année il y avait cinq candidats, tous bien différents et bien repérables. Dans son premier post pour son tout nouveau blog mis en ligne dimanche et pas encore baptisé, Philippe Ridet, le correspondant du Monde en Italie présente les concurrents : de Matteo Renzi, l’Obama italien de 37 ans et maire de Florence, à Nicchi Vendola, ancien du parti communiste italien (PCI), catho, homo et président de la région des Pouilles, en passant par Bersani ancien du PCI converti à l’économie de marché et Laura Puppato, la seule femme et écolo.
Et c’est Matteo Renzi, avec son slogan « Adesso » -« maintenant », tiens, on a pas déjà vu ça quelque part ?- et son charisme médiatique qui a su attirer les électeurs, même si ce n’était pas forcement pour voter pour lui. Pour Marc Lazar, politologue spécialiste de l’Italie cité par ce même Philippe Ridet, l’affluence est « un démenti, peut-être provisoire, à la défiance des partis politiques », et cet appel de Renzi à la « rottamazione » -la mise à la casse de la gérontocratie-, entendu par les citoyens, montre que les italiens ont envie de s’emparer à nouveau de la politique. Comme si la désignation un an plus tôt du technocrate Mario Monti les avait frustré et privé d’un bon vieux débat d’idées.
Petit portrait de l’étoile montante du centre-gauche :
Pendant ce temps-là, Bersani oubliait sa carte d’électeur :
Marquant : selon L’Espresso, les grands perdants de ces primaires ne sont pas les sortants Vendola, Tabacci et Puppato mais bien Silvio Berlusconi et Beppe Grillo qui passent leur temps à dé-crédibiliser la politique pour l’un et dénigrer les partis pour l’autre. Bon, on ne va pas non plus trop s’attarder sur ces primaires -de gauche, en plus- qui fonctionnent… On risquerait de faire quelques jaloux du côté des candidats et partisans de l’UMP. Résultats définitifs le 3 décembre.

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