Christopher Vogler, le script-doctor auteur de The Writer’s Journey, ou la « bible des scénaristes ».
Alexandre Astier, l’auteur/comédien/compositeur/producteur/promoteur de la série Kaamelot (entre autres), qui n’a pas l’habitude d’en faire trop, le dit comme qu’il le ressent :
« C’est simple, ma rencontre avec Christopher Vogler a bouleversé ma vie, ça a changé la vision de mon métier à jamais. »
Alors quand il invite le master of the fiction à mettre les pieds pour la première fois en France, et en plus de ça à Lyon, Alexandre Astier qui a lui-même suivi une formation du maître il y a une dizaine d’années, aimerait qu’on prenne la mesure de l’opportunité.
Pour la première fois en France, Vogler fera la leçon, s’appuyant entre autres propos sur des extraits de Star Wars.
« Recettes de cuisine »
Sa mère, Joëlle Sevilla, excellente marâtre du roi Arthur dans Kaamelot -est-il besoin de le rappeler- mais aussi gérante de l’école, Acting Studio, qui est à la manœuvre dans l’invitation faite à Christopher Vogler, est rude avec la façon dont les auteurs travaillent en France. Pas besoin de chercher bien loin, il suffit d’observer le nombre de séries de qualité fabriquées par les cousins d’Amérique quand, à côté, Canal+ tente péniblement de promouvoir quelques productions françaises. C’est le discours de la famille lyonnaise qui ne veut pas entendre les critiques des pisse-froid. Joëlle Sévilla les évoque avant même qu’on l’y invite :
« Oui, c’est vrai, il y a des gens qui sont dans des écoles reconnues à Lyon et qui nous disent : ah mais vous faîtes venir le mec qui fait des recettes de cuisine. »
Elle lève les yeux au ciel devant tant de « frilosité ». Mais pourquoi dire de Christopher Vogler qu’il est un vendeur de recettes ? Un script doctor, c’est un scénariste qui n’écrit pas la narration originale mais qui sait diagnostiquer n’importe quel pathologie dans un texte mal ficelé et en faire une fiction qui, autant que possible, trouvera le chemin du succès. De là à imaginer que l’interventionnisme de cette race d’écrivains gâche l’originalité, en appliquant de la technique là où on imagine uniquement le souffle du génie, il n’y a qu’un pas.
Mais pour Alexandre Astier, il n’y a pas à tortiller : au vu de l’état de la création française en matière de fiction audiovisuelle, on peut considérer la venue de Christopher Vogler comme celle du messie. Ou au moins être ouvert à ce qu’il peut bien raconter. Pour Astier, doté d’un talent certain à mener des projets ficelés et parfaitement maîtrisés par lui-même, l’image de l’écrivain torturé attablé « avec une bouteille de vodka et en train de fumer » est un mythe à briser. De la technique, de la technique, de la technique. C’est ce qu’il préconise, car pour lui elle « n’enlèvera rien à l’inspiration ou au talent ».
Besoin d’un Chevalier blanc
En 2010, le ministère de la Culture avait confié à Pierre Chevalier un travail de réflexion sur les problèmes de financement et de développement de la fiction française, qui a donc abouti à un rapport. Lequel a pointé un noeud de difficultés et de fragilités portant entre autres sur l’écriture.
Ni une ni deux, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon, qui a dégoté une enveloppe de fonds européens, a donc lancé un appel d’offres sur des questions culturelles et artistiques. L’Acting Studio y a répondu en proposant donc cette master class. Elle aura lieu sur trois jours, les 29, 30 et 31 octobre prochains, pour des sommes allant de 200 euros (pour les étudiants) à 480 euros.

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