Le groupe d’artistes allemands Die Brücke est à l’origine du mouvement expressionniste, qui prend son essor au XXe siècle.
Des couleurs vives et contrastées et des personnages féminins nus. C’est un univers coloré et libéré que présente le Musée de Grenoble avec l’exposition « Die Brücke (1905-1914), aux origines de l’expressionnisme ». Pour la première fois en France, 130 toiles, prêtées par le musée Die Brücke de Berlin, sont exposées retraçant de manière chronologique l’histoire du premier mouvement d’avant-garde allemand initiateur de l’expressionnisme.
C’est à Dresde, en 1905, que naît Die Brücke (le pont en allemand), regroupement d’artistes créé par Ernst Ludwig Kirchner, Fritz Bleyl, Karl Schmidt-Rottluff et Erick Heckel. Ces quatre artistes sont rejoints ensuite par Emil Nolde, Max Pechstein, Cuno Amiet et Otto Mueller entre 1906 et 1910.
Die Brücke rejette toute forme d’académisme pour retranscrire leurs émotions face au réel. Ces artistes sont à la recherche d’un monde nouveau où l’art et la vie ne font plus qu’un. Ils veulent se réconcilier avec la nature et développer une communion pour retrouver un idéal de liberté qu’ils ont perdu. C’est ce refus de dogmes stylistique et artistique qui va donner naissance au mouvement expressionniste, contemporain du fauvisme.
Le vernissage de l’exposition Die Brücke a eu lieu jeudi 29 mars en présence du directeur du Musée de Grenoble, Guy Tosatto. Crédit photo : Jean-Luc Lacroix
« Ces artistes voulaient quitter le monde bourgeois conformiste et étriqué dans lequel ils vivaient. C’est pourquoi le pont est devenu l’emblème du groupe. Ce pont les a emmenés vers une vie et un art nouveaux », précise Cécile Brilloit, l’assistante de Guy Tosatto, directeur du Musée de Grenoble.
Les couleurs vives et éclatantes, utilisées de manière contrastée, expriment leur subjectivité et leur vision du monde. Pour Die Brücke, l’expression est primordiale. Ils ne recherchent pas le raffinement mais le naturel.
Le Musée de Grenoble leur consacre une exposition haute en couleurs à travers 130 œuvres prêtées par le musée berlinois Die Brücke.
Le nu est très présent dans leurs peintures, signe d’une volonté de s’affranchir des règles afin de vivre et de créer dans une liberté totale, en peignant avec le plus de spontanéité possible.
Inspirés par l’art primitif, ces artistes travaillent autant en atelier que dans la forêt et sur les bords des étangs, préférant mettre en scène des femmes de leur entourage à des modèles professionnels, avec lesquelles ils vont partager leur amour du naturisme.
A la fin de 1911, le groupe quitte Dresde et déménage à Berlin. Les peintures prennent alors une tonalité plus sinistre et les couleurs s’assombrissent. Certains personnages n’ont pas de visage. Au lieu de les stimuler, Berlin va finalement les séparer. Chaque artiste va suivre sa propre voie et le groupe se dissout en 1913, à l’aube de la Première Guerre mondiale.
Pratique
Jusqu’au 17 juin 2012
Musée de Grenoble – 5 place de Lavalette – Tèl. : 04 76 63 44 44
www.museedegrenoble.fr
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h30 – Tarif unique 8€. Gratuit tous les jours pour les moins de 26 ans, et pour tous le 1er dimanche de chaque mois

Vous pouvez faire vivre un autre journalisme à Lyon : aidez-nous à réunir 15 000 euros avant le 4 mars pour continuer à vous informer en 2027. Pour cela, deux choses sont possibles : l’abonnement ou le don.
À quoi servira votre soutien ?
> 15 000 euros : nous continuerons à vous informer en 2027.
> 20 000 euros : nous pérenniserons notre newsletter politique Mairie à tout prix.
>30 000 euros : nous embauchons un quatrième journaliste avec un même objectif : informer, enquêter, révéler, et défricher des terrains où les autres médias ne vont pas.
Tous les moyens sont bons ! N’hésitez pas à partager notre campagne ou à donner à Rue89Lyon.


Chargement des commentaires…