Politiquement incorrect, parfaitement british
Coup de maître pour le journaliste, auteur et scénariste Charlie Brooker. Après « Dead Set », mini série zombiesque qui porte un regard acerbe sur la téléréalité, il revient avec une œuvre noire à l’humour grinçant…
Dans le premier épisode de « Black Mirror », il passe au crible une société qui subit la loi du Web et ses réseaux sociaux, source d’info non censurable et omniprésente. Les meilleurs services de renseignement ont beau faire, comment empêcher la propagation d’une vidéo virale sur le Net ? Comment endiguer le partage sur la toile d’un film montrant une princesse d’Angleterre contrainte de lire une demande de rançon outrageante, proposant au Premier ministre du pays de se livrer, en direct à la télévision, à des actes sexuels non simulés avec un cochon pour sauver sa vie ?
Web tyranny
Aux États-Unis, on ne négocierait pas avec les terroristes. En Grande-Bretagne, on est dépassé par les événements. L’horloge tourne et, sans un Jack Bauer pour sauver la mise, façon « 24 heures chrono », on se tortille sur son siège et on s’attend au pire. D’abord on glousse, puis la gêne prend le pas.
Supplantés par Youtube ou Facebook, les médias partent à la chasse au scoop et s’enlisent dans le sensationnel. Sans pudeur, ils ne cachent rien, comme aux meilleures heures du lynchage de Kadhafi.
Les autorités, quant à elles, ne peuvent bouger une oreille sans entrainer une multitude de tweets assassins. ces derniers renseignent le ravisseur et influent sur les sondages d’opinion, qui dictent à leur tour les prises de décision des politiciens… eux qui sont plus habitués à enfiler des perles que des cochons à la télévision.

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