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« Sexisme et précarité » au musée des Confluences, un article qui refroidit la direction

actualisé le 04/02/2016 à 11h26

« Une injustice ». C’est ainsi que l’équipe de direction du flambant neuf Musée des Confluences, à Lyon, qualifie l’article publié par Streetpress cette semaine. Le journaliste consacre au lieu qui cumule les succès (de fréquentation notamment) depuis son ouverture il y a un an, un long article constitué de témoignages. Toutes les voix sont celles de personnes qui sont passées par le lieu.

Ils sont cinq, qui dénoncent des conditions de travail relativement mauvaises, une organisation médiocre et une ambiance quasi délétère.

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Si la direction ne remet pas en cause la réalité des entretiens du journaliste avec des ex-employés du musée, elle note tout de même que le rédacteur a lui-même été employé par l’un des prestataires du musée, mis en cause dans le papier. De là à dire qu’il y a règlement de compte, il n’y a qu’un pas. Que Béatrice Schawann ne franchit pas.

L’administratrice générale du musée a répondu à Rue89Lyon sur les points soulevés par l’article de Streetpress, évoquant sa propre situation mais aussi la réalité de nombreuses structures culturelles plus ou moins comparables en France.

Sur l’accusation de vengeance ou d’aigreur à peine voilée du Musée des Confluences au sujet de l’auteur de l’article publié sur StreetPress, Sylvain Ortega, ce dernier répond :

« J’ai eu de nombreux employeurs dans ma vie, je suis passé chez l’un de ceux qui travaille avec le musée, mais cet article n’a évidemment rien à voir avec le moment où j’étais salarié de ce prestataire. »

Dans son article, on lit notamment que les agents d’accueil, de la billetterie et les médiateurs sont tous employés de différents prestataires auxquels le Musée des Confluences fait appel pour ses besoins en ressources humaines.

A la veille de l’ouverture, nous avions rencontré Hélène Lafont-Couturier, qui nous avait déjà annoncé ce choix : pas d’embauche directe pour ce type de postes, « trop coûteux » pour une structure qui avait déjà vu son existence fortement remise en cause du fait de l’argent public qu’elle a demandé (lire notre article « Pourquoi un si cher musée des Confluences »).

Béatrice Schawann ajoute :

« Cette situation est inhérente aux missions que l’on traite. La masse de ces missions est trop importante pour nos capacités d’absorption, on ne pourrait pas garantir à quelqu’un d’entrer au musée sur ce type de poste et le faire évoluer ensuite. Ce sont des métiers sur lesquels on reste difficilement 10 ans. »

Quel que soit le temps qu’ils y ont passé, les ex-employés témoignent d’horaires décalés, d’appels téléphoniques aléatoires pour embaucher au musée de façon urgente, sur des créneaux inconfortables.

Un musée de l’Homme, donc

Pour Béatrice Schawann, c’est « l’un des points gênants » de l’article :

« Nous avons mis des clauses très strictes dans nos contrats avec les prestataires. On a demandé que les gens ne soient pas sur des horaires morcelés et trop précaires. »

Une mise au point a pu avoir lieu, depuis l’article de Streetpress, mais l’administratrice générale reste discrète là-dessus et généralise son propos :

« La question, pour nous, est de savoir quelle est notre capacité à nous adapter et à réagir positivement. »

Pour elle, le chemin parcouru depuis l’ouverture il y a un an a été riche et long, « beaucoup de choses ont été améliorées » depuis et chaque jour est l’occasion d’en découvrir de nouvelles. Elle ne cherche pas à identifier les employés témoins de l’article, mais tient à dire que le musée embauche 30 médiateurs en permanence, une quarantaine d’agents de billetterie, et que « la majorité des équipes sont celles du départ ».

Sur un autre aspect de l’article de Streetpress, Béatrice Schawann tombe de sa chaise. Des propos sexistes auraient été tenus par un responsable des médiateurs, carrément sexistes. Représentante de la direction, elle réfute en bloc :

« Personne n’est venu nous parler de cela. Si nous avions eu écho de tels propos, nous aurions condamné immédiatement. »

Selon elle, les équipes sont au moins aussi « blessées par la teneur de l’article » que la direction du musée. L’administratrice générale en convient volontiers : difficile d’entendre le récit d’une telle souffrance de la part de personnes employées dans un musée qui tente de tenir un propos bienveillant sur l’histoire de l’Homme et de son évolution.

Le fils de la directrice embauché au Musée

Momie mise dans sa mousseline opaque au musée des Confluences. crédit : Guillaume Bernard/rue89Lyon

Une momie que le public ne peut voir qu’à travers une mousseline sombre, au Musée des Confluences. Crédit : GB/Rue89Lyon.

Comme une « cerise sur le gâteau », Streetpress rappelle que c’est le fils de la directrice, Quentin Lafont, qui a été désigné pour être le photographe du musée, ce que la presse locale avait déjà signalé.

Rien d’irrégulier dans son embauche, rappelle Béatrice Schawann :

« Il a suivi le processus d’embauche normal. Il était le seul candidat, il a été pris, son CV et ses compétences correspondaient au poste, qui n’a rien de stratégique au sein du musée. On ne pensait pas que cela ferait autant de bruit. »

Les soupçons de népotisme, l’image relativement mauvaise que ce type d’entre-soi peut renvoyer, Béatrice Schawann semble en avoir conscience, après coup.

Mais comme les autres employés du Musée, le fils de la directrice bénéficie d’un contrat de travail qui ne peut pas être interrompu au motif irrecevable juridiquement que « ça la fout mal ».

> Article mise à jour avec le propos de l’auteur de l’article paru sur Streetpress.

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