Cultures 

L’Angleterre rafle la mise à Nuits Sonores

La programmation 2015 de Nuits Sonores est la plus cosmopolite que le festival ait connue. Et à la fin, ce sont nos voisins d’outre-Manche qui gagneront, étendards de la bass culture à l’aune de laquelle la house et la techno n’en finissent plus de se réinventer. L’Angleterre est, par l’entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs.

©DR

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Daniel Avery

On l’a découvert de jour l’an passé, cette fois c’est de nuit que l’on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu’il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n’a rien produit. Ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l’une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine».

Nuit 1 – Halle 2 : Á l’Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

Shackleton

Sa venue au Sucre fut l’une des douches froides de l’année – au sens propre, la météo ayant ramené la Confluence à ses origines de no man’s land déguisé en écoquartier. Notre petit cœur sensible aux basses fréquences ne saurait souffrir qu’il en aille de même à Nuits Sonores.

NS Days jeudi – Salle 1960 : À la Sucrière, jeudi 14 mai à 18h30

Joy Orbison

S’il s’était enfin décidé à enregistrer un premier album, Joy Orbison aurait pu disputer, sur notre Une, la place de chef de bande à Jamie XX. Car il est, à l’instar du discret mastermind de The XX, un des producteurs qui tirent le meilleur de cette centrifugeuse musicale qu’est l’Angleterre des années 2000, y fourrant échantillons de house garage (la plus soulful de toutes), basses grandies en milieu humide (des caves quoi) et, pour les grandes occasions (i.e. quand il reçoit son voisin Boddika), des kicks techno qui sentent bon la friche pour mieux en extraire des tracks aussi physiques que recherchés. Tant pis pour lui.

NS Days vendredi – Salle 1930 : À la Sucrière, vendredi 15 mai à 18h

Blue Daisy

Sur certaines photos, Kwesi Darko ressemble à Benjamin Clementine après une altercation avec une tondeuse. La comparaison s’arrête là : sous le nom de Blue Daisy, ce n’est pas dans la soul à gorge déployée que fait le bonhomme, mais dans le beatmaking brumeux et traîne-la-patte tel que l’ont codifié Flying Lotus et le reste de la clique Brainfeeder. A l’occasion, il épaissit l’ensemble à coups d’infra-détonations typiques du post-dubstep ou, au contraire, le dissipe dans des élans synthétiques emblématiques de trip-hop. Le résultat, lui, dégage systématiquement la majesté mêlée de crasse qui caractérise les grandes métropoles.

Nuit 3 – Halle 2 : À l’Ancien marché de gros, vendredi 15 mai à 22h

Public Service Broadcasting

La Pologne aussi investit le festival

L’autre principal point de chute de Nuits Sonores 2015, c’est la Pologne, dont la capitale Varsovie est à l’honneur de la Carte blanche. Projections de clips et documentaires, présentation d’affichistes s’inscrivant dans la lignée des grandes figures du graphisme polonais (Swierzy, Starowieyski, Cieslewicz…) et même installation d’un bar à lait, le festival compte exposer la dynamique économique et créative qui vaut à cette ville des comparaisons avec le Berlin des années 2000 – au même titre que sa rivale Cracovie, soit dit en passant.

Si le Message à caractère informatique avait été un programme musical, il aurait probablement sonné comme ce duo machines/batterie. Et pour cause : J. Willgoose et Wrigglesworth (un ex de la BBC), les deux fonctionnaires vintages qui le composent, samplent exclusivement des archives sonores officielles. Au-delà de cette toquade qui lui vaut la sympathie du British Film Institute, la musique de Public Service Broadcasting, rétro-futuriste à souhait, déploie des qualités narratives et hypnotiques proches de celle de Kraftwerk. Son deuxième album, qui raconte la course à l’espace qui rythma la Guerre froide, est à ce titre aussi immersif qu’instructif.

Nuit 3 – Halle 3 : À l’Ancien marché de gros, vendredi 15 mai à 1h30

Moxie

Leur vitalité, les scènes britannique en générale et londonienne en particulier la doivent notamment à la perspicacité et à la réactivité des radios qui les documentent, fut-ce la vénérable et toujours alerte BBC Radio 1, la clandestine repentie Rinse FM (dont la branche française émet depuis début 2014), sa grande sœur mainstream Kiss ou la radicale et dématérialisée NTS. La jeune et jolie Moxie tient régulièrement le crachoir et le fader sur les quatre (!). C’est dire si elle en connaît un rayon en matière de dance music contemporaine – et si elle maîtrise l’art de l’accommoder à l’humeur d’une soirée.

Nuit 3 – Halle 2 : À l’Ancien marché de gros, vendredi 15 mai à 3h30

Principals

Ensemble, Nic Tasker, Charles Drakeford, et Bradley Zero forment le trio de selectors hors pair Principals, à découvrir à la queue-leu-leu le temps d’un après-midi.

NS Days samedi – Esplanade : À la Sucrière, samedi 16 mai à 14h30

Real Lies

En passeur digne de ce nom, Jamie XX a ses protégés. Bien qu’il n’ait qu’une poignée de singles à son actif, le trio Real Lies en fait partie et, journée curated by l’auteur de In Colours oblige, il s’agit ici de l’une de ses premières dates en France.

NS Days samedi – salle 1960 : À la Sucrière, samedi 16 mai à 17h

Floating Points

Floating Points, Sam Sheperd de son nom de baptême, peut se targuer d’avoir ouvert la voie à l’un des musiciens les plus doués de sa génération : nul autre que Jamie XX, qui l’a découvert au Plastic People, le club où est né le dubstep, et a compris en partie grâce à lui ce langage du silence qu’est la danse. Normal : ce jeune neuro-scientifique (ça calme) développe une house luxuriante et smooth comme pas deux– passionné de jazz, il dirige parfois un ensemble qui en remontre au Cinematic Orchestra.

NS Days samedi – Salle 1930 : À la Sucrière, samedi 16 mai à 17h30

Jon Hopkins

La vraie exclu de cette édition, c’est ce pianiste surdoué, compositeur de BO à ses heures perdues (notamment pour Monsters de Gareth Edwards). Elles sont peu nombreuses : adoubé par Brian Eno, courtisé par les monarques de la pop british (de Coldplay à King Creosote), Hopkins est aussi et surtout l’auteur de deux chefs-d’œuvre. Insides (2009) et Immunity (2013). La meilleure dance music est la plus triste affirme Jamie XX.

Nuit 4 – Halle 1 : À l’Ancien marché de gros, samedi 16 mai à 00h30

Par Benjamin Mialot, sur petit-bulletin.fr

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