Société 

Sida : marche ou crève ?

actualisé le 17/08/2016 à 08h50

La traditionnelle Marche contre le sida du 1er décembre à Lyon n’aura pas lieu cette année, mais la mobilisation contre le VIH prend d’autres formes.

Marche contre le sidaPhoto d’illustration prise lors de la marche du 1er décembre 2007 à Paris. © William Hamon / Flickr / CC

En 2011, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) représentaient 40% des quelque 6100 découvertes de séropositivité en France. Ils constituent même la seule catégorie de la population chez laquelle le nombre de contaminations augmente (+ 30% depuis 2003).

Malgré cela, tous les acteurs de la lutte contre l’épidémie s’accordent à constater que la mobilisation des gays contre le VIH diminue depuis une dizaine d’années. C’est dans ce contexte que se déroulera à Lyon, le 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le sida (instaurée en 1988 par l’Organisation mondiale de la santé), autour de la question «sida : qui est invulnérable ?».

Avec un changement important par rapport aux années précédentes : la traditionnelle Marche entre Bellecour et les Terreaux, moment fort de la visibilité de cette Journée, n’aura désormais plus lieu. La Lesbian & Gay Pride (LGP) de Lyon, organisatrice du défilé depuis plusieurs années, y a renoncé, estimant d’une part qu’une manifestation de ce type était trop compliquée à mettre en place, d’autre part que sa préparation devrait normalement incomber aux associations de lutte contre le sida.

Vidéo de l’édition lyonnaise 2012 de la marche. © Etr-ange Production / Journée mondiale de lutte contre le sida

On peut également penser que la crise actuelle du militantisme LGBT, qui se traduit par une diminution tant des moyens financiers que du nombre de bénévoles, a sans doute contraint la LGP à revoir ses ambitions à la baisse. Il est vrai par ailleurs que la mobilisation autour de cette Marche faiblissait : depuis plusieurs années, elle ne réunissait plus que quelques centaines de personnes.

 

Revoir Les Invisibles

Les invisiblesPour autant, d’autres événements restent organisés à Lyon dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida, pilotés pour la plupart par la municipalité. Depuis le 22 novembre à 20h, on peut ainsi assister à la salle Rameau (Lyon 5) à une représentation du spectacle burlesque Freddie, par la compagnie Monsieur Cheval et associés : ou comment une famille modeste voit son quotidien bouleversé par l’annonce de la séropositivité du fils.

Samedi 30 novembre, une chaîne de solidarité se formera également sur la place Louis Pradel (Lyon 1) de 17h à 19h et l’association Femmes, Réductions des Risques et Sexualités (FRISSE) proposera un dépistage rapide du VIH à la mairie du 9e arrondissement.

Et le 1er décembre à 18h, Écrans Mixtes s’associera au COREVIH Lyon Vallée du Rhône pour proposer au CNP Terreaux (Lyon 1) une projection gratuite du documentaire Les Invisibles. Un choix étonnant, étant donné que son réalisateur, Sébastien Lifshitz, a délibérément exclu la question du sida de son travail de recherche sur les générations d’homosexuel(le)s nées en France entre les deux guerres mondiales, mais qui permettra sans doute de replacer le thème de la mémoire des luttes gays et lesbiennes au cœur de la réflexion communautaire.

Voir le programme de la manifestation.

Par Romain Vallet sur heteroclite.org

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