Appartement 16

Berlusconi : "Mieux vaut (vraiment) aimer les femmes qu'être gay"

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100 000 euros par jour, 3 millions par mois, 36 millions par an. Une bien belle petite pension versée par Silvio Berlusconi à son ex-épouse Veronica Lario trois ans après leur séparation. Si ce divorce ne le ruine pas, le Cavaliere a assuré la relève : l’ex-président du Conseil italien s’est fiancé en décembre à Francesca Pascale, une napolitaine de 49 ans sa cadette.

La momie, comme on le surnomme souvent dans la botte -les liftings, ça fige le visage- aime donc l’éternelle jeunesse et les jeunettes, et on n’a pas attendu son prochain mariage pour s’en rendre compte : en 2009 Veronica Lario, son épouse depuis 30 ans avec laquelle il a eu trois enfants, demandait le divorce suite au scandale Noemi Letizia, nom de cette blondinette qui fêtait son 18ème anniversaire sur les genoux de Silvio Berlusconi… En le surnommant « papi » (papounet)… Ouf, on aurait presque cru autre chose.

N’empêche, sa femme le soupçonnait alors « d’entretenir des relations avec des mineures ». Basta, elle le plaque. Pendant les semaines qui ont suivi cet évènement, le quotidien de centre-gauche La Repubblica publiait chaque jour en « Une », dix questions adressées au Cavaliere sur le sujet :

Est-il vrai que vous avez promis à Noemi Letizia d’aider sa carrière dans le spectacle ou en politique ?

Votre femme dit de vous « il n’est pas bien » et pense que vous feriez bien de vous faire aider. Quel est l’état de votre santé ?

Entre autres. Bref, trois ans après la séparation légale des époux, le divorce peut être prononcé, comme le veut la loi italienne. L’article 156 du Code civil prévoit quant à lui le maintien d’un niveau de vie analogue à celui de la période de vie commune. D’où la grosse pension. Silvio Berlusconi va donc banquer.

Mais il n’est pas au bout de ses peines puisqu’il est embourbé dans le Rubygate. Ruby Rubacuori (la voleuse de coeurs), de son vrai nom Karima El-Marhoug, aurait offert des faveurs sexuelles au Cavaliere lors d’orgies -vous savez, les Bunga bunga- dans sa villa d’Arcore alors qu’elle était âgée de 17 ans. Berlusconi est donc poursuivi pour incitation à la prostitution et abus de pouvoir.

Et les twittos s’amusent :

Mais que voulez-vous ? Silvio Berlusconi aime les femmes. « Mieux vaut aimer les femmes qu’être gay », avait-il déclaré lors de la révélation du Rubygate. Une petite blague bien homophobe réitérée, cette semaine encore : « La gauche m’a accusé de tout, sauf d’être gay« .  Ou comme dans la vidéo (en italien) qui suit. On y voit l’alors président du Conseil en visite à l’Aquila, saluer les ouvriers, tous de sexe masculin, par un très fin « Mais où sont les femmes ? Vous êtes tous gays ici ? », avant de les féliciter, tout de même, sur les travaux réalisés.

Le problème avec Berlusconi, c’est qu’avant d’être président du Conseil italien il est avant tout chef d’entreprise et propriétaire de médias… Et la télévision poubelle italienne, c’est un peu lui. L’image de la femme renvoyé par la petite lucarne y est terrible, humiliante, vulgaire. Lorella Zanardo a réalisé un documentaire (à voir ci-dessous en intégralité et en français), uniquement à partir de séquences tirées d’émissions diverses diffusées à des heures de grande écoute. Images, voix off. Le constat est accablant.

 Il corpo delle donne : Le corps des femmes

Au début du documentaire, Lorella Zanardo demande : « Mais comment se fait-il que les femmes ne descendent pas dans la rue pour protester ? »

Justement, les femmes italiennes en ont eu assez. Assez de cette société. Les veline (les créatures) de la RAI et les scandales sexuels de Berlusconi ont fonctionné comme un électrochoc. En 2011 le collectif Se non ora quando ? (si ce n’est pas aujourd’hui alors quand ?) est créé. Ce mouvement du 13 février a réussi des mobilisations de masse avec un objectif clair, redonner la parole aux femmes ainsi qu’une place dans la vie italienne. Au-delà des quatre murs du foyer, cela va de soit.

Enfin, quand on voit ce qu’écrit un prêtre sur les murs de sa paroisse, on reste perplexe et quelque peu pessimiste quant à l’évolution de certaines mentalités…


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1 commentaire posté

  1. Très bon article, je l’ai lu avec intérêt. Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas que de l’actualité. Le processus d’objectivation du corps de la femme qu’aujourd’hui est si éclatant dans la télévision italienne et le combat contre celui-ci que plusieurs mouvements féministes et de femmes poursuivent, a des racines bien plus lointaines. Dans la fin des années ’70 un documentaire sortit en Italie « Processo per stupro » (Procès pour viol http://www.youtube.com/watch?v=RLurjfwjI4g et http://it.wikipedia.org/wiki/Processo_per_stupro) qui dénoncait les anciennes lois italiennes contre le réât de viol. L’avocat Tina Lagostena Bassi, défenseur de la partie civile rappelle comme la violence faite aux femmes ne puisse et ne doive pas être transformée en accusation envers la femme d’avoir provoqué le viol. Son harangue porte justement sur toute forme de déconstruction de l’identité féminine, sur un processus de dé-légitimation du droit d’une femme à l’autodétermination et à une vie où le pouvoir machiste n’a pas lieu d’exister dans une société dite démocrate et protectrice des droits humains sans distinction de genre. Son combat de l’époque ne s’est pas arrêté là. Plusieurs mouvements ont poursuivi cette lutte jusqu’à aujourd’hui où à être mis en danger est autre à la dignité féminine, son pouvoir d’expression, son identité humaine, son droit au travail sans discrimination de provenance (femmes migrantes et femmes italiennes) et de genre, son droit à l’autodétermination, son droit à vivre une vie sans être réduite à la femme « velina » que nos hommes de pouvoir (politique et médiatique) ont bien au coeur de la destiner à vivre. Dans n’importe quel pays gouverné par une démocratie les pouvoirs d’information devraient être dans les mains du peuple et pas dans celles des grandes lobby politiques et économiques, comme c’est le cas en Italie, où un homme comme Berlusconi aime manipuler l’information (en détenant 3 chaines télévisés et plusieurs quotidiens, maisons d’édition, etc..) et la détourner à ses propres avantages. Comme lui beaucoup d’autres. Un conflit d’intérêt marquant et un pouvoir stratégique évident, qui cependant n’échappent pas à la lutte constante faite par plusieurs mouvements italiens, de femmes et non dans ce domaine et d’ailleurs dans beaucoup d’autres encore.