Empowerment Lyon
Qui d’entre nous, seul ou au sein d’un collectif, n’a jamais eu une idée, une envie de changement dont les effets devaient répondre à des aspirations collectives ? Qui n’a jamais souhaité disposer d’une capacité d’action lui permettant de concrétiser ce projet qu’il estimait juste parce qu’il contribuerait à mieux vivre ensemble dans la cité ?
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Des réformes qui misent sur… nous !

actualisé le 30/10/2013 à 14h09

Pourquoi l’empowerment, le pouvoir d’agir et son développement, ne sont-ils pas mis au centre du renouvellement politique ? Que ce soit dans le cadre du Collectif « Pouvoir d’agir » à Paris, dans les rencontres du groupe Empowerment à Lyon, maintenant dans les « Agir Café », nous disons chacun ou ensemble, souvent depuis des années qu’il y a d’autres manières de mener des réformes, en misant sur la capacité d’initiatives des millions de personnes qui y sont prêtes. Tous nous constatons que la société change plus vite que les représentations qu’en ont les politiques et les médias.


Ce qui n’est pas vu c’est qu’il y a EN MEME TEMPS et souvent chez les mêmes personnes, tendance au repli et à l’abandon et aussi inventivité et partage. Les médias voient par déformation professionnelle « les trains qui n’arrivent pas à l’heure », les politiques entendent tous les jours des gens qui revendiquent. Ils en concluent, les uns et les autres, que la France n’est pas réformable. Ils gomment la moitié de la réalité : la formidable capacité d’initiative et de solidarité de nombre de nos concitoyens. Cette part de la réalité sur laquelle pourtant il est possible de construire de nouvelles politiques publiques.

Pourquoi nous ne sommes pas entendus

Si nous ne sommes pas entendus c’est sans doute pour trois raisons qui se cumulent et décrédibilisent notre propos :

  • nous parlons tous de minorités, certes agissantes mais les politiques s’intéressent aux majorités
  • Ces minorités semblent sans lien entre elles, des bobos, des habitants de quartiers, des entrepreneurs civiques,
  • Les sujets sur lesquels ils se mobilisent ne sont pas reliés et semblent être infra politique

Il me semble donc urgent de créer une vaste alliance de la société civile, de toutes les minorités agissantes en montrant que leurs initiatives dites « sociétales » sont en fait intrinsèquement politiques au sens où elles construisent ce « vivre ensemble » que les politiques publiques peinent tant à construire.

La situation est favorable à ce mouvement pour au moins quatre raisons :

  • nous sommes sortis de l’illusion de l’hyper-présidence avec des dirigeants qui n’ont pas la prétention de tout maîtriser à eux seuls
  • la compréhension que nous ne pouvons pas sortir de la crise par un « simple » retour à la croissance gagne du terrain
  • nous sommes de plus en plus nombreux à nous dire que c’est la dernière chance avant que l’on ne débouche sur des solutions autoritaires.

Il n’est plus temps de faire des expérimentations, d’agir à la marge. Cela fait des années que des pistes sont explorées ici et là. Il faut désormais un effet cumulatif, de la visibilité médiatique et de l’enthousiasme, il faut voir les choses en grand et donner enfin toute sa place à l’initiative citoyenne en la déployant au lieu de la cantonner aux marges de l’action publique. C’est la conviction que j’essaye de partager comme consultant mais aussi comme citoyen engagé.

Hervé Chaygneaud-Dupuy

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