Appartement 16
  • 9:42
  • 9 octobre 2012
  • par Leïla Piazza

A Lyon, les étudiants en galère choisissent des modes de consommation alternatifs

3326 visites | 15 commentaires

Crise + étudiants = galère totale. Certains ont décidé de ne pas se laisser abattre en inventant d’autres modèles, tels que les épiceries solidaires ou les systèmes d’échanges du type « réparation d’ordinateur contre coupe de cheveux ».

 

« Avec 6,5 euros par jour, on mange, c’est tout »

A Lyon, où le prix des loyers explose et prend une place disproportionnée dans les budgets, il reste peu pour vivre à la fin du mois.

Lorsqu’elle est arrivée à Lyon, en septembre 2011, Charlène partait pour la première fois de chez ses parents. Avec ses 378 euros de bourse et ses 210 euros d’APL, une fois payés ses 400 euros de loyer et de charges, elle s’est vite aperçue que « c’était juste ».

« Mes parents ne peuvent pas m’aider. Je voulais travailler mais avec mon emploi du temps changeant on m’a dit que ce n’était pas possible », explique l’étudiante en Master 2.

Depuis un an, elle a le droit de faire 10 euros de courses chaque mois dans l’épicerie solidaire, soit l’équivalent d’un panier de plus de 50 euros dans le commerce.

« Avant, je me débrouillais. Mais avec 6,50 euros par jour, on mange, c’est tout. On ne fait rien à côté. L’Agoraé m’a permis de faire des trucs tout bêtes, comme par exemple me racheter des chaussettes plus chaudes en hiver, ou prendre des cours d’anglais pour avoir le niveau requis dans mon master. »

 

Un yaourt à 4 centimes

C’est au sein du campus de l’université Lyon 1 que se cache le petit local de l’Agoraé, caverne d’Ali baba pour les étudiants fauchés. Yaourt à 4 centimes, paquet de pâtes à 10 centimes, critérium à 9 centimes… Les prix défient toute concurrence. Emanation de Gaélis (Groupement des associations et élus étudiants indépendant et solidaire, regroupant une trentaine d’associations estudiantines lyonnaises), il s’agit de la première épicerie solidaire étudiante :

« On est parti d’un constat sur la précarité étudiante : beaucoup de ceux pour qui les fins de mois sont difficiles, mettent de côté l’aspect alimentaire et la santé, explique Morgan, étudiant en 4ème année de médecine et président de l’association. On a donc voulu agir sur ce terrain et proposer quelque chose aux étudiants à la fois en situation d’isolement et de déficit alimentaire. »

Avec l’appui de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes, à laquelle Gaélis adhère), qui planchait depuis trois ans sur le concept, l’association lyonnaise s’est lancée en octobre 2011. Avant d’être imitée à Nice puis Brest.

« Ici, on est à 10 et 20% des tarifs classiques, en fonction de la provenance des produits, détaille Morgan. Le but c’est d’apporter tous les produits possibles adaptés à la vie étudiante : à la fois de l’alimentaire, des produits d’hygiène et des fournitures scolaires. »

Pour proposer des tarifs pareils, Gaélis sollicite de nombreux partenaires : Banque alimentaire, associations de réinsertion, grandes surfaces, l’Association nationale de développement des épiceries solidaires (Andes), ou encore l’Agence nationale pour les chèques vacances (ANCV) pour permettre aux étudiants bénéficiaires de l’épicerie de partir en vacances à moindre coût.

 

L’épicerie solidaire propose alimentation, produits d’hygiènes et fournitures scolaires. Crédit : Leïla Piazza

 

Les légumes, ce Graal

Un système qui fonctionne mais qui reste cantonné à un petit nombre de personnes : 150 au maximum. Les étudiants demandeurs doivent en effet remplir un dossier qui sera étudié par des assistantes sociales du Crous. En fonction des charges et des revenus de l’étudiant, un « reste à vivre » journalier est calculé. Pour bénéficier de l’aide de l’Agoraé, l’étudiant doit faire partie des personnes qui ont entre 2 euros et 7 euros par jour pour manger.

« 7 euros, parce que c’est la somme nécessaire pour avoir trois repas au Crous, précise Morgan. En dessous de 2 euros, on considère qu’une aide d’urgence est nécessaire dans un premier temps. On redirige l’étudiant vers un Fonds national d’aide d’urgence (FNAU, géré par le Crous). Il pourra refaire une demande par la suite. Mais en cas d’urgence l’Agoraé ne suffira pas. Il faut alors que l’Etat prenne ses responsabilités. »

Charlène fait l’essentiel de ses courses dans l’épicerie. Mais les légumes, il faut qu’elle les trouve ailleurs.

« Vendre des légumes, d’un point de vue pratique, ce serait compliqué, explique Juliette, en service civique à l’Agoraé. On n’a pas les équipements dans l’épicerie. Mais on y réfléchit parce que ce serait en accord avec l’idée d’amélioration de la santé de l’étudiant. Par contre, on a mis en place un partenariat avec un maraîcher, qui propose des paniers de légumes AMAP tous les jeudis soir sur le campus. Et le lendemain, on revend ce qui reste dans l’épicerie. »

 

 

Echange coupe de cheveux contre déménagement

Changement de décor : à l’université Lyon 2, un groupe d’étudiant a également voulu innover. Mais là, ce n’est pas sur le plan alimentaire que l’on cherche à agir. Ici, des étudiants membres de Promess (http://www.promess.asso.fr/site/index.php) (association de promotion de l’économie sociale et solidaire) ont mis en place un système permettant aux étudiants d’échanger savoirs et compétences :

« Un étudiant, lorsqu’il doit faire réparer son ordinateur, ça lui coute extrêmement cher par rapport à son budget. Alors que plein d’autres savent le faire. C’est un peu dommage. C’est comme une coupe de cheveux. Ca coûte 30 euros alors que plein de gens savent le faire. Et puis c’est plus sympa. Cela permet de créer du lien et de la solidarité entre étudiants », explique Edouard, l’un des créateurs du projet Univer’SEL.

 

 

L’idée était simple bien qu’assez ambitieuse : réaliser un Système d’échange local (SEL) au sein d’une université lyonnaise. « Ca existe depuis 30 ans en France. Et plus encore à l’étranger », précise Edouard. Il s’agit en fait d’un système d’échanges de biens et services délimité par un périmètre géographique, et dans lequel la monnaie de substitution est le plus souvent évaluée sur le temps.

« L’intérêt, c’est surtout que ça se passe dans le monde étudiant, explique Edouard. Or, une des problématiques dans les SEL existants est qu’ils sont vieillissants. Peu de jeunes s’impliquent. De plus, cela se fait traditionnellement dans un quartier. Il fallait donc qu’on invente un outil pour adapter ce système à un public jeune et à une université avec deux campus, et non pas une zone géographique délimitée. Alors que la plupart des SEL fonctionnent avec des coupons papiers, notamment à cause du manque de maîtrise des nouvelles technologies des publics concernés, nous on s’est dit que c’était le public idéal pour tester ça sur Internet. »

Une fois inscrites sur le site, les personnes n’ont qu’à préciser leurs compétences, aidées par un catalogue, et à lancer une recherche pour trouver une personne proposant un service les intéressant. Les deux personnes peuvent alors communiquer, d’abord via un système de messagerie interne, puis par mail, pour se mettre d’accord sur les modalités de l’échange. Lorsque ce dernier est réalisé, le bénéficiaire transfère le nombre d’unit

és correspondant au temps passé (1 unité = 1 minute) à celui qui lui a rendu un service.

« On arrive avec un solde de 300 unités sur le site. Et c’est limité. Ca peut aller de 0 à 600, pour obliger à la réciprocité. C’est le principe de toutes façons : une monnaie complémentaire doit circuler vite et ne jamais être stockée », explique Célia, en service civique au sein de l’association.

 

« La valeur des choses »

Pour favoriser le « brassage », le site, lancé en mars 2012, met en avant ceux qui ont réalisé le moins d’échanges. On y trouve différents types de services, comme la réparation d’un ordinateur, des cours de langues, l’apprentissage d’un instrument de musique, un coup de main pour un déménagement, etc. Mais pas de biens.

« Pour ça on organise des trocs, explique Edouard. Ce serait difficile à mettre en place, vu que l’unité d’échange est le temps. Comment estimer la valeur d’un bien ? De plus, on trouve important qu’il y ait des moments de rencontres physiques. »

D’ailleurs, pour Nadia, en service civique également, qui tenait un des trocs organisé sur le campus des quais le 11 septembre dernier, ces moments permettent une nouvelle réflexion.

« Il n’y a pas de règle au troc. On veut pousser les gens à réfléchir par eux même à la valeur des choses. On leur demande seulement d’expliquer pourquoi cet échange leur paraît juste. C’est assez drôle parce qu’on se rend compte qu’en fait il y a plein de critères de valeurs. Pour certains c’est la quantité. D’autres le besoin. Ou encore la rareté. Mais la plupart réfléchissent tout de même en valeur monétaire. En tout cas, on remarque que le fait de laisser l’échange libre fait qu’ils se responsabilisent et n’abusent pas. »

Univer’SEL organise régulièrement des trocs, sur les deux campus de Lyon 2. Crédit : Leïla Piazza

En cette période de rentrée universitaire, Univer’SEL recrute des membres. Et cherche un local sur le campus, « justement pour avoir un lieu de rencontre des membres », explique Edouard. Et le concept fait recette. Des étudiants d’autres universités ont contacté Promess pour lancer le projet sur leur campus. Dans quelques semaines, le campus de l’Université professionnelle internationale-René Cassin (Lyon 9ème)  devrait avoir son propre SEL.

« On essaime mais ça ne peut pas devenir un projet global trop gros. C’est une question de démocratie, affirme Edouard. Quand il y a 100 000 membres elle n’est pas vraiment réelle. Il faut rester local pour ça. Les membres peuvent alors décider d’un certain nombre de choses, notamment les bornes d’unité ou la possibilité d’échanger des biens. Quand on regarde l’exemple de la Macif ou du crédit coopératif, qui sont des grosses structures coopératives, ils veulent un système démocratique mais ils ont beaucoup de mal à faire participer les gens. »

 

 

 


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15 Commentaires postés

  1. Je suis toujours assez dubitatif quand je lis ces articles sur la pauvreté étudiante… Loin de la nier, j’ai aussi parfois l’impression qu’elle est surfaite car si certains disent ne pas avoir d’argent pour la nourriture, on les voit par contre faire la fête le week-end et fumer. Et se sont les mêmes qui vous diront « j’ai pas trop de thunes » et qui sans doute auront fait la queue pour se procurer le dernier joujou de chez Apple. Alors quand j’entends « j’ai pas d’argent », j’ai plutôt envie de rajouter « … pour ca, car pour autre chose, tu en trouves toujours ». Bref, désolé de faire le rabat-joie, mais j’en ai marre d’entendre parler partout de la « crise » comme une excuse commode qu’on se répète pour tout justifier. « Le cinéma est en crise depuis les Frères Lumière » comme disait Godard.

    • Peut-etre avais-tu la chance de pouvoir sortir dans des bars et fumer quand tu étais étudiant, mais il en est qui n’ont pas ces moyens et passent du coup leur temps libre à étudier ou faire des activités non (peu) payantes (se promener le long de la saone le samedi soir, ou faire la fête sans claquer d’argent (oui c’est possible, même ailleurs qu’en Colombie ou au Cameroun !…) sport gratuit sur certains terrains de la Doua, fréquenter ses voisins de la cité-U, écouter de la musique empruntée à la MLIS, voire même aller bouquiner à la bibliothèque plutôt que de rêver du jour ou ils pourront s’acheter un I-machin !…). Oui il y a des étudiants qui ne sont pas aussi gâtés que tu sembles l’avoir été, qui ont une opportunité d’utiliser ce que l’on appelle « l’ascenceur social » (beurk quelle vilaine expression !), et c’est moins exceptionnel qu’on veut bien le croire. Et parfois cela fait des jeunes qui étudient consciencieusement et connaissent le poids de leur formation, qui se cultivent physiquement, intellectuellement et mentalement etc etc … Sans même parfois se plaindre ni être aussi aigris que toi.

      • Moi aigri? Mais pas du tout. J’étais étudiant boursier avec des parents ouvriers pour information. J’ai été très heureux dans mes années d’études et je ne me suis jamais plaint. Je n’aime pas du tout cette expression d’ascenseur social qui donne une image de la société à la verticale (ceux qui ont « réussi » au dessus, les autres en dessous) quand moi je la vois à l’horizontale, où personnes ne doit se vanter d’avoir une plus grande place, une plus grande importance. Vous voyez, je suis vraiment aigri et dédaigneux des personnes dans la difficulté… J’ai toujours travaillé durant mes études, sans rechigner à faire les boulots les plus pénibles. Il n’y a pas que McDo et les jobs d’été payés une misère pour espérer gagner de l’argent…
        On l’entend souvent, mais je ne crois pas que la « crise » touche autant de gens qu’on pourrait bien le croire. C’est un prétexte, répété à l’envie et qui permet de facon commode de tout justifier. « Ben oui quoi, c’est la crise hein! »

    • je vois des étudiants dans les bars = tous les étudiants dépensent leur argent dans les bars
      je vois un étudiant avec un iphone = tous les étudiants ont des iphones

      non ya pas à dire, c’est du raisonnement haut de gamme

  2. Elle a quand même un minimum de chance, quelque fois, les parents ne gagnent pas assez pour financer les études mais gagnent trop pour obtenir une aide boursière.

    On ne parle jamais des étudiants dans cette situation, qui démarre leur vie professionnelle avec des dettes qui vont ponctionner leurs premières années.

    On entend toujours parler des gens qui ont des aides, des aides, j’en connais certains qui bénéficie d’aide en vivant chez Papa-Maman (merci les professions libérales) ou d’autre qui ont leurs parents divorcés et qui touchent les bourses malgré un papa ingénieur senior, voir même quelques uns qui ont trouvé le moyen d’économiser sur leurs bourses pour acheter une voiture….

    Mon commentaire ne remet pas en question le sujet de cet article, j’aimerai juste qu’on n’oublie pas la classe moyenne basse qui en a marre de se faire ponctionner.

    Pour ma part, je suis jeune embauché, pas vraiment à plaindre mais dès que je pourrais, je pense que je partirai pour d’autres horizons.

    • Je suis globalement d’accord avec vous sur l’effet de seuil qui peut exister dès que l’on passe au-dessus des critères pour les bourses. Personnellement, ce qui m’étonne un peu c’est ce qui est considéré par le crous comme un budget insuffisant pour se nourrir. Autant avec 2 euros on est vraiment dans le besoin, autant 7 euros par jour, soit 200 euros par mois pour manger tout seul, on est large. On n’a pas besoin de manger ses trois repas au CROUS tout de même. Cela fait trois ans que je travaille, mais ni en tant qu’étudiante ni en tant que salariée je n’ai dépensé un tel budget en nourriture par mois.
      Bref, c’est super que cette structure existe, mais il est clair qu’il y a bien plus de monde que les étudiants boursiers qui n’ont pas 7€ par jour et par personne à dépenser pour se nourrir.

  3. Il faut faire attention quand au cliché  »étudiant boursier » =  »étudiant en galère », en effet, si Charlotte avait décidé de se restreindre un peu niveau appartement, en choisissant par exemple une cité U du CROUS (réservé en priorité aux boursiers), elle aurait un loyer peut être deux fois moins important, et pourrait donc  »vivre décemment » (certes, peut être pas le centre ville lyonnais, mais à quoi bon vivre en centre ville si on ne peut en profiter). Je suis étudiant au niveau 6, je dans une chambre Universitaire de 9m² (pas le grand luxe, mais on fait avec), je paye 150€ de loyer, il me reste environ 400€ pour vivre, 13,3€ par jour, je peux m’offrir des restos ;)
    Pour moi l’étudiant le plus  »galérien » est celui étant juste à la limite pour toucher tout ce qui est bourses et aides, juste  »sous le seuil », lui ses parents n’ont pas des revenus démentiels, mais doivent tout payer, n’ont aucune aides aux inscriptions, aux passages des concours, pas d’accès ou peu aux cité Universitaires etc.

    Enfin pour répondre à  »ancien étudiant », les étudiant ne sont pas tous riches ou pauvre, ils ne dépensent pas tous leur argent dans la clope ou la boisson, il faut arrêter de faire des clichés.

    • c’est tout à fait ça, l’étudiant galérien est celui qui ne peut pas toucher les bourses car ses parents sont honnêtes et pas divorcés mais qui touchent des salaires de merde mais qui ont deux salaires…
      quant à l’article, on n’apprend rien, ce type de truc existe depuis toujours. rien de neuf au soleil donc

      • on peut toujours trouver des exemples à la surenchère : il y a des parents honnêtes ET divorcés (résidence des enfants en garde alternée), qui victimes de l’effet de seuil ne perçoivent pas de bourse malgré leur 2 salaires respectifs … et qui paient un loyer chacun de leur côté et les charges afférentes (bahoui, tout est en double) : alors les enfants de ces 2 divorcés feront leurs études dans la ville de papa/maman et si ce qu’ils veulent faire n’existe pas dans cette ville, et bien … ils choisiront autre chose !
        signé : une mère divorcée avec 2 enfants, salaire net 1700 euros, reste pour les charges non fixes (bouffe, vêtements, essence, loisirs : 7,54 euros par jour et par personne : calcul fait par l’assistante sociale)… quant au père, il est à 2000 euros net … alors meme si financièrement on s’entraide pour les enfants, il n’y a pas de quoi payer 4 loyers, CROUS ou PAS CROUS.

  4. « le prix des loyers explosE, pas explosENT ! Les gars….

  5. On est dans un monde inégalitaire où la répartition des richesses accentue la paupérisation de tous. Mais le monde étudiant est fluctuant dans ses luttes le temps de leur cursus et puis plan de carrière oblige on rentre dans les rangs.

  6. Pour information, il y aura bientôt un SEL de crée sur Angers aussi à partir de début janvier (sur le même modèle d’Univer’Sel et leur aide) ! Pour plus d’informations : 06 66 76 29 05

    De plus, la pauvreté étudiante est un réalité, surtout quand les loyers sont très élevés. Mais si les étudiants se mettaient à la décroissance ils auraient moins de problèmes c’est sur (et ils seraient plus heureux aussi !! )

  7. Défendons le modèle des épiceries sociales et solidaires !
    Le nouveau Programme Européen d’Aide Alimentaire (FEAD) interdit la participation financière des bénéficiaires sur les produits. Cette participation symbolique (en moyenne 20% de la valeur marchande des produits) est, avec le libre choix, l’un des principes fondamentaux des épiceries solidaires. Elle vise à préserver l’autonomie et la dignité des nombreux publics précarisés- travailleurs pauvres, retraités, étudiants, familles monoparentales – qui sont obligés de recourir à l’aide alimentaire.
    Défendez avec nous les valeurs des 600 épiceries sociales et solidaires qui œuvrent en France pour lutter contre les exclusions.
    Signez la pétition: http://www.epiceries-solidaires.org

  8. Au delà du statut de l’étudiant, il me semble que l’élément important de cet article est cette « nouvelle » façon de consommer. Bien entendu, les échanges de biens et services existent depuis la nuit des temps et il ont simplement été mis en veille par le « sur-développement » de notre économie, notre volonté de posséder à tout prix et notre individualisme forcené.
    La société actuelle nous pousse à consommer « n’importe comment », rien ou presque rien de ce que l’on fabrique est fait pour durer, la seule chose qui compte, c’est que le consommateur soit amené à remplacer le plus vite possible ce qu’il a acheté, ce qu’il va utiliser. Le crédo de notre société serait : « acheter, consommer, jeter ».
    Fort heureusement, les consciences s’éveillent et les modes de consommation changent, aujourd’hui. Le contexte économique, notre envie de consommer sainement et de façon écologique nous amènent à plus réfléchir nos achats que par le passé, et nous préférons emprunter quand nous le pouvons plutôt qu’acheter pour une utilisation ponctuelle. Si nous avons des outils, pourquoi ne pas en faire profiter notre voisin qui n’en a pas ? Lorsqu’on n’utilise pas sa voiture, pourquoi ne pas la louer ou la prêter en échange d’un autre service ? Plutôt qu’acheter, consommer et jeter », « achetons, consommons, échangeons » ! Et on peut décliner cette maxime avec louer, prêter, donner, partager…