Politique 

Le tour de chauffe de Pierre Moscovici à Lyon

A Lyon, pas besoin que le candidat socialiste ne vienne lui-même donner la cadence de la campagne du second tour. « Quand il a vu les bons résultats obtenus ici, François Hollande m’a demandé de venir. Il se bat en région, là où se joue un enjeu pour le scrutin », a expliqué Pierre Moscovici, son directeur de campagne, qui a enthousiasmé la garde et l’arrière-garde socialiste locale réunie à la Bourse du Travail, ainsi que des militants remontés à bloc.


Crédit photo : Maxppp

La promesse d’« une politique véritablement de gauche »

Gérard Collomb a ouvert le bal en se félicitant des résultats « exceptionnels » réalisés par le candidat socialiste au premier tour, montrant un enthousiasme destiné à motiver les militants ce mercredi soir, assez loin de la sinistrose qui avait envahi la fédération du Rhône tout comme le QG à Solférino dimanche soir, à la vue du score du FN.

Le maire de Lyon, habituellement plus alerte en petit comité qu’à la tribune, n’a pas lésiné sur les octaves pour envoyer un message de mobilisation aux militants, afin que François Hollande soit élu le 6 mai prochain « pas de justesse, pas par défaut, mais dans un immense élan populaire ».
Objectif visé après avoir tapé à 3,5 millions de portes pendant la campagne du premier tour : atteindre le chiffre de 5 millions de foyers auxquels s’adresser directement.

Evoluant donc en terre lyonnaise centriste, Pierre Moscovici a poursuivi en faisant ouvertement des appels du pied en direction des électeurs de François Bayrou et des « humanistes qui ne supportent pas l’affairisme et le cynisme », évoquant des valeurs partagées. L’ancien ministre de Lionel Jospin, et acteur principal de la campagne de François Hollande, a promis que le candidat du parti socialiste mènerait s’il est élu une « politique véritablement de gauche ». Et que la justice, « l’ADN de la gauche », en serait le fil directeur.

« Traître et félon »

Pour Pierre Moscovici, le discours que Nicolas Sarkozy ficelle spécialement entre les deux tours en direction des électeurs du Front national est simple :

« Vous avez voté pour Marine Le Pen au premier tour, revotez pour elle au second tour, parce que Marine Le Pen, maintenant, c’est moi. »

Gérard Collomb s’est réjoui :

« Sarkozy voulait siphonner les voix du FN, c’est lui qui a été siphonné ».

Le démontage en règle des postures adoptées par Sarkozy pendant son mandat présidentiel a aussi été l’occasion pour Pierre Moscovici de régler quelques comptes socialo-internes :

« Qu’a-t-il fait ? Il a donné l’occasion à Kouchner (Bernard, ministre sous Fillon de 2007 à 2010, ndlr), de finir sa carrière, et à Besson (Eric, ministre de l’Immigration de 2009 à 2010 notamment, ndlr) d’en commencer une, de traître et de félon. »

La messe est dite. Et les comptes sont faits. Le directeur de campagne, heureux de sortir du QG, a fait les comptes : le score de l’ensemble de la gauche au soir du premier tour de l’élection présidentielle atteint 44%.

Pas suffisant pour être certain de rafler la mise dimanche 6 mai. Il a donc insisté sur une position « sans ambigüité » du parti socialiste. Député de l’Est, où le FN a fait des scores élevés, Pierre Moscovici estime que l’ouvrier de Sochaux, entre autre employé à la peine, a pu voter Marine Le Pen « parce qu’il craint le déclassement de la mondialisation ». Il compte donc « parler, parler, convaincre, convaincre encore ».

Objectif Chicago et dix ans de gouvernement

Selon lui, Nicolas Sarkozy s’affole en demandant trois débats avec François Hollande d’ici le 6 mai :

« Après sa mauvaise note, il attend l’oral de rattrapage. François Hollande attend le débat avec impatience, il s’y prépare. »

L’idée est de convaincre de la capacité du candidat à tenir le rôle du chef de l’Etat, et de répondre au procès en illégitimité que lui font ses adversaires.

Moscovici a confirmé plusieurs positions de François Hollande : le droit de vote aux étrangers aux élections locales, « parce que c’est quelque chose de positif pour l’intégration » ; la baisse de 30% du salaire du président de la République et des ministres ; la mise en place d’une banque publique d’investissement ; dire à Chicago devant l’Otan, une semaine après l’élection, le retrait des troupes combattantes françaises d’Afghanistan ; proposer aux « partenaires européens » une taxe sur les transactions financières ; faire de l’Education le premier budget de l’Etat ; créer 150 000 emplois « dans ces quartiers qui ont bien voté ce dimanche et où nous sommes attendus ».

Pour le député, il faut non seulement amener les électeurs à voter pour François Hollande, mais aussi présenter « une gauche qui puisse avoir dix ans pour changer le pays ».

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L'AUTEUR
Dalya Daoud
Dalya Daoud
Redchef à Rue89Lyon.
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