Appartement 16
  • 17:52
  • 20 février 2012
  • par Sarah Bosquet

Le guide du Petit Paumé continuera de saler ses critiques

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Une victoire pour les jeunes critiques du Petit Paumé. Les étudiants de l’EM Lyon (école de commerce et de managment), rédacteurs du célèbre guide gratuit de restos et sorties lyonnais, ont été acquittés vendredi par le tribunal des référés. Le restaurant  la Tête de Lard, déjà critiqué dans la version internet du guide, avait refusé d’apparaître dans la nouvelle édition, se plaignant de « propos à caractère diffamatoire ». Edouard Poisson, responsable de la communication du Petit Paumé, s’estime « satisfait » :

« Ça va nous permettre d’écrire plus librement dans le futur, dans les limites de la diffamation bien sûr. Il faut aussi savoir que nous faisons des critiques non professionnelles, on n’est pas des pros de la gastronomie. »

 

Condamnés à verser plus de 6000 euros de dédommagement au restaurateur mécontent, les étudiants ont gagné le procès en appel. Pour Nicolas Bes, avocat du Petit Paumé depuis 20 ans, ces publications sont conformes aux restrictions imposées par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Il ne s’agirait donc pas de diffamation mais du libre usage de la liberté d’expression. Retournement de situation, c’est maintenant la Tête de Lard qui doit aligner pour le Petit Paumé (les frais de procès plus 600 euros d’indemnité). Pas si injuriante que ça, la critique est toujours en ligne pour le moment mais devrait bientôt être retirée.

 

 

« La meilleure chiasse d’après-repas »

 

Ce n’est pas vraiment la première fois que le Petit Paumé fait parler de lui et de ses critiques plus ou moins redoutées. Impossible pour Edouard Poisson de se rappeler le nombre de plaintes déposées contre le guide depuis ses 44 ans d’existence. « On a environ une affaire par an. Cette année, on passe en Cour de Cassation pour l’histoire avec Carte Blanche, une critique parue dans le guide en 2010 ». Carte Blanche, un restaurant du premier arrondissement (qui a fermé depuis), s’était vu affublé du titre de « meilleure chiasse après-repas ». Nicolas Bes, avocat du Petit Paumé depuis 20 ans, a déposé un recours contre la condamnation de la cour d’appel, une amende de 2000 euros avec sursis.

 

Edouard Poisson insiste sur l’« indépendance » des rédacteurs dans leurs méthodes d’enquête, souvent remise en cause.  « La partie commerciale de l’association est bien séparée de ceux qui testent les restaurants. Plusieurs établissements auxquels on a déjà vendu de l’espace publicitaire n’ont pas eu de bonnes critiques cette année ».

 

Impertinents mais pas trop, les jeunes étudiants en management du  Petit Paumé ont de quoi se réjouir de la médiatisation de tous leurs feuilletons juridiques. Edouard Poisson défend les partis pris du guide :

 

« On essaye d’avoir moins de procès, mais le but n’est pas d’être de plus en plus sobres. On n’est pas là pour défendre les établissements mais pour garder un ton décalé. A l’avenir, on va quand même éviter les classements ».

 

 


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5 Commentaires postés

  1. Il y a longtemps que le PP n'est plus une référence. Les élèves de l'EM ne sont plus dans la production, mais dans la reproduction.

  2. Et votre bétise est aussi dans la reproduction. A l'heure du microblogging tout le monde donne son avis sur tout. Pour une fois qu'un guide (gratuit qui plus est) donne un avis un peu plus travaillé qu'une simple opinion d'ami de restaurateur ca change le panel d'opinions. Effectivement le coup peut faire mal pour un restaurateur qui se croit indétronable !

  3. Au contraire, le Petit Paumé n’a jamais été aussi lu et médiatisé qu’aujourd’hui. 9 Lyonnais sur 10 connaissent ce guide et l’ont utilisé au moins une fois. Il reste la référence des city-guides dans cette capitale. A vrai dire, il me semble que le Petit Paumé est plus une institution lyonnaise qu’une référence : comme c’est très justement dit dans l’article, les étudiants ne prétendent en rien être des professionnels de la gastronomie et l’affichent ouvertement. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Quant au débat sur la production ou la reproduction, il est forcément aussi utile que difficile d’hériter des années précédentes, et chaque Petit Paumé essaye d’avoir une tonalité et une saveur particulières. Je ne sais pas quelles sont les autres « références » dont on pourrait parler, mais il me semble que le Petit Paumé est tout de même bien ancré et actif dans la vie lyonnaise !

  4. Je trouve le petit paumé débile pas drôle, débile et antipathique. Gratuit? Blindé de pubs… Brefs sans intérêt.

    Voilà, ma critique est facilement méchante, arbitraire et peu argumentée. A la manière du petit paumé en somme…

  5. Et oui ces jeunes étudiants en management seront peut être les dirigeants de demain, bel avenir ! J'aimerai bien voir leurs tronches quand ils se feront recaler lors d'entretiens d'embauche ou tout simplement licenciés parce que leur entreprise ne vend plus et souffre d'une mauvaise réputation.