La Couturière
On appelle la couturière l’avant-dernière répétition d’une pièce de théâtre, celle précédant la générale. Le nom vient du fait qu’elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.
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Allez les enfants, au lit !

actualisé le 14/09/2013 à 16h22

Pour sa première édition, le festival lyonnais Micro Mondes, dédié aux arts immersifs, invite aux Célestins la Societas Raffaelo Sanzio. On en a beaucoup entendu parler récemment, puisqu’il s’agit de la compagnie de Romeo Castellucci, dont la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu a excité quelques intégristes catholiques au Théâtre de la Ville. Le metteur en scène italien signe ici le décor d’un spectacle tout public, à partir de huit ans, mis en scène par Chiara Guidi. Le travail de la compagnie s’est toujours inspiré des grands mythes et grands textes qui traversent nos cultures européennes et en façonne l’imaginaire. Mais aucune grenade n’est ici lancée contre le visage du Christ.

Vendredi 25 novembre à 18h et 20h30, samedi 26 novembre à 15h et 20h30
Aux Célestins, Théâtre de Lyon, dans le cadre du festival Micro Mondes

Dans Buchettino, c’est un Petit Poucet d’après le conte de Perrault qui nous est donné à entendre. Peu de surprises dans l’adaptation : ni actualisation, ni mise en abime, juste les sept enfants, leurs parents, les cailloux et les miettes ainsi que, bien sûr, l’ogre et ses bottes de sept lieux. La dramaturgie du spectacle se concentre sur le contexte d’écoute, car un conte ne doit pas être raconté dans n’importe quelles conditions. Les spectateurs sont invités à entrer dans une boite, comme une grange fermée toute en bois, parfumée aux huiles essentielles, puis à s’installer sur l’un des cinquante petits lits qui la meublent. Chacun retire ses chaussures, se glisse sous une couverture puis s’abandonne à l’écoute du Petit Poucet, les yeux rivés sur la conteuse, Silvia Pasello, ou bien fermés. Car il n’y aura rien à voir, sinon ses camarades de chambrée, pendant le spectacle. Juste à écouter. Le conte est illustré par des bruits de pas au dessus de nos têtes, de fenêtres qui s’ouvrent et de portes qui claquent, de sanglots étouffés et de branches qui frôlent les parois au dehors. Le public est dans une cabane, à l’abri des dangers mais ressentant toutefois la menace au plus près. Le procédé est efficace et poétique, bien que trop peu surprenant. Contrairement à Joël Pommerat qui livrait des imaginaires très personnels dans ses adaptations du Petit Chaperon rouge et de Pinocchio, soulignant souvent la portée morale de ces fables, Chiara Guidi nous laisse composer le tableau et dessiner les personnages. Elle s’intéresse davantage aux conditions de réception du conte et aux mécanismes de l’imagination que cette forme enclenche. Le monstre n’est évidemment jamais montré, la forêt dans laquelle les enfants s’enfoncent a la profondeur que chaque spectateur veut bien lui donner. Un beau travail, tout en nuances et en proximité, qui ne dispensera aucun parent de raconter une histoire à son enfant dans la foulée.

 

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Renan Benyamina
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