À Saint-Georges, les discours débordent souvent les murs de l’église. Ce dimanche de fin août, le lieu de culte, au cœur du Vieux-Lyon, est plein à craquer. La dernière messe de la matinée touche à sa fin, les portes sont restées ouvertes et les retardataires suivent la cérémonie de l’extérieur.
Plusieurs paroissiens prient à genoux sur le trottoir et les touristes qui passent, regardent ce curieux défilé de bérets et de cols Claudine. Un peu plus loin, deux garçons en culotte courte se disputent une bande dessinée qui retrace la vie de Jésus-Christ.
Dans l’église située en bordure de Saône, les « tradis » se retrouvent dans le rejet de Vatican II, perçu comme le concile ayant fait entrer l’Église dans la modernité. On y perpétue le rite tridentin, hérité du XVIe siècle. La messe est célébrée en latin, et le prêtre tourne le dos au public.
Dans l’assemblée, les nostalgiques se mélangent aux fidèles en quête de spiritualité, ainsi qu’aux vieilles familles de la bourgeoisie lyonnaise.
Mais ce n’est pas tout. On vient aussi à Saint-Georges pour faire de la politique. Ce bastion de « tradiland » porte des discours marqués par l’influence de la Manif pour tous (aujourd’hui Syndicat de la famille). À Saint-Georges, les homélies prennent souvent des tournures politiques. On y fustige Mai 68, l’héritage de la Révolution française et on appelle à se rassembler contre les grandes réformes de société. En juin dernier, l’abbé Anouil qualifiait la loi sur l’aide à mourir de « débordement de mal » dans son sermon.
Ces discours trouvent un écho particulier dans les oreilles d’une jeunesse radicalisée, engagée parfois dans des actions violentes. À Saint-Georges, c’est bien la fine fleur de l’extrême droite radicale lyonnaise qui se rassemble.

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