« Cet été, une famille qui vivait dans un centre d’hébergement a été remise à la rue alors que l’enfant venait d’avoir un an », lâche Élise, intervenante au Samu social Alynéa depuis trois ans, en remuant son café. Selon la travailleuse sociale, la famille ne correspondait plus aux critères de vulnérabilité définis par la préfecture.
Cet épisode « choquant » a été l’un des éléments déclencheurs de la mobilisation des douze travailleurs sociaux de l’association. Depuis le 19 août, fatigué·es et en colère, ils et elles sont en grève pour « montrer que la situation est intenable », souligne son collègue Émile, à Alynéa depuis cinq ans.
Un mouvement peu habituel dans ce secteur, qui s’inspire de la grève du Samu social de Paris déclenchée au cœur de l’été. « Cela fait écho à nos conditions de travail, on connaît les mêmes difficultés qu’eux et des remises à la rue d’enfants et de familles. On refuse que ça continue », explique Élise.
Dans le Rhône, le contexte est de plus en plus critique. 14 000 personnes sont en attente d’un hébergement auprès de la Maison de la veille sociale (MVS). Il faut en moyenne deux ans pour qu’une personne sans abri puisse espérer avoir une place. C’est trois fois plus pour une personne en attente d’un titre de séjour.
« Ces chiffres montrent que notre travail est une goutte dans l’océan. On oriente les gens pour qu’ils connaissent leurs droits, mais s’il n’y a pas de places d’hébergement disponibles, notre travail est caduc », s’agace Émile.
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