Dans le Rhône, 3817 grands électeurs étaient appelés aux urnes pour les sénatoriales du dimanche 27 septembre. Le scrutin a suscité son lot de suprises… et d’amertume. On vous présente les résultats et les sept sénateurs et sénatrices élu·es.
Christophe Guilloteau (LR), député, président du Département, puis sénateur du Rhône
Son élection était attendue. Mais… cette soirée sonne tout de même comme une défaite, pour le président du Rhône, Christophe Guilloteau (LR). Premier à être parti pour les sénatoriales, celui qui a été assistant parlementaire, député de la 10ᵉ circonscription avant de devenir président de département n’obtient qu’un siège à ces élections sénatoriales.
Il lui a manqué 20 voix pour envoyer la deuxième de sa liste, la maire de Décines, Laurence Fautra (LR), au palais du Luxembourg. Cette dernière va rester deuxième vice-présidente à la Métropole de Lyon. Lors de l’annonce des résultats, le nom de Christophe Guilloteau est sûrement celui à avoir obtenu le moins d’applaudissements, au sein de l’atrium de la préfecture.

Sébastien Michel (LR), grand vainqueur à droite
Le maire Les Républicains d’Écully réussit un petit coup de force ce dimanche 27 septembre. Avec 641 voix, sa liste devance d’une (très) courte tête la liste de Thomas Dossus, ce qui lui permet d’envoyer deux sénateurs au palais du Luxembourg.
À 46 ans, ce jeune sénateur va donc laisser la commune dans laquelle il venait de débuter un second mandat. Figure montante de la droite lyonnaise, il avait refusé d’être vice-président de Véronique Sarselli pour poursuivre son activité professionnelle. « Avec notre élection, le choix qui a été fait par les grands électeurs, c’est d’envoyer des maires au Sénat », analyse-t-il.

Catherine Di Folco, la sénatrice qui repart (de peu)
L’émotion était facilement perceptible sur le visage de Catherine Di Folco, ce dimanche. Celle qui fut longtemps maire de Messimy repart pour un… Troisième mandat de sénatrice. Élue pour la première fois en 2014, elle est une des surprises de la soirée.
En arrivant avec sa liste très légèrement devant celle de Thomas Dossu, dite de la « gauche unie », elle rafle un siège qu’aurait pu obtenir l’ex-maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, grâce à une quinzaine de voix d’avance. Jusqu’au bout de la soirée, son élection aura été incertaine.
Au Sénat, elle est membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale et de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation.

Serge Bérard, tenant de la droite « Lisnard », entre au palais Bourbon
Il n’y a pas que des LR qui ont été élus à droite. La liste « Nouvelle énergie », de David Lisnard, envoie un sénateur à Paris. Le maire de Brignais, Serge Bérard, passe en rase moquette avec 325 voix (il en fallait autour de 320), le seuil permettant l’élection.
Béatrice de Montille, et le très droitier Stéphane Parizot, maire du Beaujolais, 2ᵉ et 3ᵉ de la liste, restent eux sur le carreau. Mais, la droite dure, ultralibérale, gagne un élu. Et elle montre qu’elle est plus présente que jamais parmi les élus du Rhône.

Bernard Fialaire, sénateur du Rhône, repart pour un tour
Élu centriste du Rhône, le sénateur Bernard Fialaire a réussi à obtenir, sur son nom, plus de 400 voix. Malgré la présence de nombreux candidats à droite, le centriste est parvenu à rassembler, à grand renfort de communication auprès des grands électeurs.
Médecin, l’élu du Beaujolais est, au Sénat, vice-président de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport et vice-président de la délégation sénatoriale à la prospective. Il a bénéficié d’un très bon ancrage dans le Beaujolais, où il compte nombre de soutiens parmi les maires de communes viticoles.

Thomas Dossus, réélu sénateur du Rhône
Il s’en est fallu de peu pour que la gauche conserve le même nombre de sénateurs qu’en 2020. Une quinzaine de voix, tout au plus. Élu en 2020 avec l’écologiste Raymonde Poncet, Thomas Dossus a été réélu dimanche 27 septembre. Mais seul.
L’ancienne maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, rate de (très) peu l’entrée au Palais du Luxembourg – à 17 voix près. La faute à l’arrivée, en dernière minute, d’une liste dissidente (ou alternative, c’est selon), à gauche : celle de l’ancien président de la Métropole, Bruno Bernard.
En tentant un coup de poker, celui-ci a raté son pari et fait perdre à la gauche un siège aux sénatoriales. Il lui a manqué 13 voix. « Il porte ce soir la responsabilité de la perte de deux sièges pour la gauche rassemblée », a tancé dans un communiqué le premier secrétaire du PS, Fabrice Matteucci, dénonçant une candidature « hostile » à Hélène Geofroy. « Il y aura des explications », nous a lâché Thomas Dossus, en fin de soirée, dimanche soir.
Au Sénat, ce chargé de communication de profession est vice-président de la commission des finances et vice-président de la délégation sénatoriale à la prospective.

Gabriel Amard, premier sénateur insoumis du Rhône (et deuxième de France)
Sa victoire en a surpris plus d’un : Gabriel Amard a été élu sénateur du Rhône (relativement) largement avec 374 voix, ce dimanche. Député de Villeurbanne depuis 2022, gendre de Jean-Luc Mélenchon, il est compagnon de route du leader insoumis depuis plus de 40 ans.
Avec cette élection, il réalise un petit exploit : remporter un scrutin, a priori, défavorable au parti mélenchoniste. « C’était ma dernière élection », a-t-il lancé à des proches, venus en nombre le soutenir, dimanche soir. Maintenant, je suis là pour vous aider ! » Avec Marc Péré, il fait partie des deux sénateurs insoumis à rentrer au palais du Luxembourg. Une première.





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