L’élection municipale de Vaulx-en-Velin va probablement être annulée, puis rejouée. La rapporteure publique du tribunal administratif de Lyon a plaidé en ce sens, lundi 14 septembre. En cause : un imbroglio administratif lié aux bulletins annulés de la candidate de droite, Christine Bertin.
Elle avait omis de notifier la nationalité néerlandaise de l’une de ses colistières, ce que la loi impose. Problème, ses bulletins n’ont été annulés que pour le second tour. Lors du premier, le 15 mars, ils ont été « oubliés » par la préfecture et indûment comptabilisés.
Le tribunal a considéré que cet oubli a biaisé le résultat de l’élection, dans la mesure où la maire sortante Hélène Geoffroy était arrivée en tête lors du premier tour, avant de voir son opposant, le député LFI finalement élu Abdelkader Lahmar, la dépasser d’une courte tête (104 voix) lors du second.
Selon nos calculs, il aurait manqué de toute façon 14 voix à Hélène Geoffroy pour être élue dès le premier tour dans le cas d’une annulation des voix de Christine Bertin.
Élections à Vaulx-en-Velin : de nombreuses irrégularités visées par l’opposition
Les élections se sont déroulées dans un contexte particulièrement tendu à Vaulx-en-Velin, où les vidéos de la maire sortante Hélène Geoffroy (PS), huée et insultée à l’hôtel de ville, ont choqué la classe politique bien au-delà de l’agglomération lyonnaise. Dans le recours intenté par l’ancienne édile, plusieurs irrégularités ont été remontées.
Le tribunal a reconnu que la présence « circonstanciée » de « groupes » dans plusieurs bureaux de vote pour faire « pression », pouvait laisser imaginer un « phénomène de consignes de vote ». La rapporteure publique s’est autorisée à préciser qu’elle a « hésité » à garder ce grief pour demander l’annulation de l’élection, avant de finalement l’écarter.
Hélène Geoffroy est déjà passée à autre chose
Le délibéré sera connu dans trois semaines environ, sachant que les juges suivent majoritairement les conclusions du rapporteur public. Si l’élection était annulée, Abdelkader Lahmar devrait, en toute logique, faire appel.
Il pourra, durant ce laps de temps, cumuler son mandat de maire et celui de député (sans pour autant cumuler les indemnités) – chose théoriquement impossible du fait de la loi sur le cumul des mandats.
Si l’élection était finalement rejouée, Hélène Geoffroy ne sera probablement pas sur la ligne de départ. Candidate aux élections sénatoriales du 27 septembre sur la liste de Thomas Dossus, elle a affirmé à nos confrères du Progrès début septembre ne pas vouloir se représenter en cas d’annulation des élections.
L’arrivée d’une liste de gauche surprise aux sénatoriales, menée par l’ancien président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, pourrait-elle la faire changer d’avis ? Plutôt en bonne position pour être élue, l’ancienne maire de Vaulx risque de voir le siège de sénatrice lui passer sous le nez avec la concurrence de « BB ». Attention, rebondissements en vue.



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