« La mairesse de Décines nous fait un procès pour nous faire taire. » Ces mots, sans équivoque, sont ceux du Collectif Hébergement en danger. Ce rassemblement de professionnels du secteur social a été mis en examen, après la convocation d’un militant à la rentrée 2025, pour « délit de diffamation ou d’injure publique » par la maire réélue de Décines, Laurence Fautra (LR).
En cause ? Un échange de pétition et de lettre ouverte autour d’un Centre de mise à l’abri et d’évaluation (CMAE) pour des mineurs isolés étrangers, que devait accueillir la ville de Décines. La maire s’y était fortement et publiquement opposée. Le projet a finalement été annulé par la nouvelle majorité métropolitaine élue en 2026.
Le collectif avait notamment reproché à Laurence Fautra une « campagne de communication odieuse » avec l’emploi « d’arguments racistes faisant la distinction entre enfants français et étrangers ». Une phrase que la maire de Décines a jugée « diffamante », c’est-à-dire portant atteinte à son honneur et à sa réputation.
Pour bien comprendre, il faut revenir à fin 2024. À l’époque, le maire d’Écully, Sébastien Michel (LR), et la maire de Décines, Laurence Fautra, s’opposent à l’installation d’un CMAE sur leur territoire. Les deux projets doivent remplacer un lieu vétuste du 1ᵉʳ arrondissement de Lyon, souvent congestionné, selon les professionnels, obligeant à héberger certains jeunes à l’hôtel.

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