« Il faut que je refasse mon calendrier… » Andrée a la mine un peu contrite, de celle qui est obligée de fouiller loin dans ses souvenirs. La septuagénaire (prénom modifié) se concentre, ce matin de juillet. Ancienne membre du Mlac (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), présente lors de la révolte des prostituées de 1975, cofondatrice de l’association féministe de prévention sexuelle Frisse… Elle est, à 77 ans, une des mémoires des luttes lyonnaises en soutien des minorités de genre.
Mais Andrée n’aime pas prendre la lumière. Même quand elle accepte, à contre-cœur, l’exercice du portrait. Vous l’aurez compris, elle est une exception dans cette série « Aux armes citoyen·es » que vous lisez depuis le début de l’été. Celle-ci a pour but de mettre en avant des visages engagés.
Malheureusement, certains militant·es travaillent dans l’arrière-boutique ont une sainte horreur de se montrer. C’est son cas. « Ce n’est jamais elle qui va se mettre en avant ou prendre la parole », confirme une proche qui la côtoie depuis une dizaine d’années. De fait, fidèle à cette logique, Andrée n’a pas voulu nous raconter son histoire à visage découvert. Malgré tout, on s’est quand même dit qu’il aurait été dommage de ne pas la raconter.

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