Jeudi 25 juin, le mercure affiche plus de 38°C à Villeurbanne. Alors que le fils de Gersande, doctorante dans un laboratoire à Lyon 2, promène le chien de la famille, il tombe sur un petit oiseau au sol. « Il me l’a ramené et j’ai tout de suite reconnu un martinet, raconte Gersande. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire. » Elle fait des recherches en ligne, met l’oiseau dans un carton avec des trous et l’emmène chez le vétérinaire. Mais celui-ci lui indique ne pas être agréé pour s’en occuper.
Lorsqu’on trouve un animal sauvage blessé ou mal en point, la loi interdit de le garder. Il faut le confier à un centre de soin dédié, comme L’Hirondelle. Cette association locale prend en charge la faune sauvage du Rhône et de la Drôme grâce à ses deux sites, dont le plus grand est à Saint-Forgeux à l’ouest de Lyon, et un point-relais à Dardilly. C’est à ce dernier que le 26 juin, lendemain du sauvetage, Gersande amène donc son petit protégé — qu’elle a baptisé Gédéon.
En arrivant, elle réalise qu’elle n’est pas la seule à avoir fait une telle trouvaille. « C’était effarant, se souvient-elle. Durant les vingt minutes qu’on a passées au centre, il y a eu sept dépôts de martinets ! » Elle décide de créer un groupe Whatsapp avec les personnes présentes pour mieux coordonner les sauvetages à Lyon et Villeurbanne.


À Lyon, la canicule tue les martinets
« Le 23 juin, c’était le pic de la crise, explique Anne Fourier, chargée de développement à L’Hirondelle. Sur une même journée, on a eu 3 444 appels sur notre standard. On était à 1 000 arrivées en cinq jours ! » Au jeudi 9 juillet, l’association prenait encore en charge 512 martinets noirs et 81 martinets alpins.

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