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Dans le Rhône, la Banque Alimentaire confrontée à la baisse de ses stocks

Installée à Décines-Charpieu, la Banque Alimentaire du Rhône traverse une période difficile. Ses stocks sont au plus bas alors que la demande ne cesse d’augmenter. Dans la métropole lyonnaise, près de 75 000 bénéficiaires dépendent de son aide alimentaire pour se nourrir au quotidien.

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Dans le Rhône, la Banque Alimentaire confrontée à la baisse de ses stocks
Un bénévole de la Banque Alimentaire range les conserves de légumes dans les entrepôts.

En déambulant dans les entrepôts de la Banque Alimentaire du Rhône en cette fin juin, le constat est clair : les rayons de conserves de légumes, de poissons et de céréales sont clairsemés. La liste des produits en manque est longue.

« À cette période de l’année, je n’ai jamais vu des entrepôts aussi vides », déplore son président, Philippe de Mester. Faute de dons suffisants de la part des particuliers, la banque alimentaire du Rhône se trouve en grande difficulté. Elle peine à maintenir des stocks suffisants pour répondre à une demande toujours plus importante.

Les entrepôts de la Banque Alimentaire du Rhône quasi vides. Photo : Raziele Giscon/ Rue89Lyon

Des dons alimentaires insuffisants

Chaque matin, dès l’aube, les camions de l’association humanitaire sillonnent la métropole lyonnaise pour récupérer les invendus des supermarchés, grâce à la loi Garot de 2016. Celle-ci oblige les grandes surfaces à donner leurs invendus encore consommables aux associations plutôt que de les jeter. Les palettes réservent parfois quelques surprises, avec des produits d’hygiène ou capillaires en plus des denrées alimentaires.

Mais, pour la banque alimentaire, ces collectes ne suffisent pas à répondre à tous les besoins. « Cela permet de lutter contre le gaspillage alimentaire. En revanche, ce que nous donnent les grandes surfaces ne suffit pas à assurer un équilibre alimentaire dans nos stocks », explique Philippe de Mester.

Les denrées collectées dans un supermarché du Rhône, en attente de tri.Photo : Raziele Giscon/Rue89Lyon

Comment font-ils pour contrer ses difficultés ?

Depuis trois ans, la banque alimentaire du Rhône est contrainte d’acheter des denrées alimentaires pour compenser le manque de dons, ce qui n’était pas nécessaire auparavant.

En 2025, elle disposait d’un budget de 2 millions d’euros pour assurer le fonctionnement de l’association, qui compte 23 salariés. Face à la baisse des dons, elle a consacré 350 000 euros à l’achat de denrées alimentaires, un niveau de dépenses inédit.

« Cette somme nous permet d’acheter des produits spécifiques, essentiels à l’équilibre alimentaire de nos bénéficiaires », explique Philippe de Mester. L’association peut également compter sur des subventions de collectivités locales, notamment la Métropole et la Ville de Lyon.

Mais, à la suite des élections municipales, certaines aides tardent à être versées, ce qui inquiète son président. « J’ai peur de devoir me séparer de l’un de mes collaborateurs, alors qu’il s’agit de personnes en réinsertion professionnelle », confie-t-il.

Aujourd’hui, la banque alimentaire du Rhône collabore avec 105 associations, qui distribuent des denrées dans 145 lieux. Chaque année, près de 3 800 tonnes de nourriture sont ainsi redistribuées.
Mais, face à une paupérisation de la population, cela ne suffit plus.

« Le nombre de bénéficiaires est en constante augmentation, notamment parmi les femmes âgées, les femmes isolées et les étudiants en situation de précarité », déplore Philippe de Mester. Malgré le dispositif, des « zones blanches » persistent encore en Auvergne-Rhône-Alpes, où l’aide alimentaire reste insuffisamment accessible.

Le camion solidaire, un dispositif pour contrer les zones blanches

Pour y faire face, la banque tente de nouvelles choses. Depuis un an et demi, un camion-épicerie sillonne les zones considérées comme « zones blanches », comme le Beaujolais ou le haut Beaujolais. Ce dispositif effectue des distributions directes. Le principe est simple : il se présente comme un magasin mobile qui vend des aliments aux bénéficiaires. Ces denrées sont proposées à 15 % de leur valeur.

Près de 50 familles bénéficient de ce dispositif d’aide. « Suite à la demande, on envisage à l’avenir de créer une épicerie physique », explique le président. En novembre prochain, la banque alimentaire renouvellera sa grande collecte dans les supermarchés. Les bénévoles espèrent pouvoir compter sur un nouvel élan de solidarité.


#Alimentation

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