Au 16, avenue de l’Europe, près de l’église et des espaces verts où il jouait enfant, Mokhtar Amini se remémore, visiblement ému : « Je crois que ça fait 40 ans que je n’étais pas venu ici ». C’est là, au 2ᵉ étage de cet immeuble de la ZUP de Rillieux-la-Pape, que les frères Amini ont grandi et créé le groupe Carte de séjour.
« Carte », c’est une météorite musicale de 1980 à 1990, qui a rapidement dépassé les frontières de Rillieux. Un style singulier – du rock imprégné de musique arabe, chanté dans un mélange d’arabe, de français et d’anglais – emmené par Mohammed (guitare) et Mokhtar Amini (basse), Rachid Taha (chant), Djamel Dif et Jérôme Savy (batteur) pour le noyau dur.
« Leur rayonnement en fait le plus grand groupe lyonnais, estime Philippe Hanus, historien et anthropologue à l’ethnopole Migrations, frontières, mémoires du CPA de Valence, auteur de Carte de séjour, un groupe rock dans la « douce France » des années 1980 (Le mot et le reste). Ils ont joué dans le monde entier et étaient considérés à l’étranger comme les ambassadeurs d’une certaine idée de la France. »
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