Au 15, rue Jean-Bourgey à Villeurbanne, une dizaine de personnes accrochent un drap à un grillage, un après-midi d’avril. « Locataires en grève », est-il écrit. « Cela fait six mois que nous avons arrêté de payer notre loyer », explique l’une d’elle. L’objectif ? Contester les pratiques de Joivy, une agence de coliving. Cinq autres personnes, dont les deux colocataires d’Antoine, se sont lancées dans cette grève des loyers.
C’est le cas de Julie (prénom modifié), vivant dans un logement du 1ᵉʳ arrondissement. « Au début c’était surtout pour protester contre le non-respect de l’encadrement des loyers. J’ai ensuite découvert que cette société ne se soumettait pas aux droits des locataires », s’insurge-t-elle devant le siège de Joivy.
Le collectif Droit au logement 69 se mobilise depuis plusieurs mois contre cette agence aux « pratiques abusives », notamment sur les prix des loyers, les frais de service très élevés et sur la nature des contrats de location — en réalité des sous-locations – moins protecteurs des droits des locataires.
Le nœud du problème réside dans le flou autour du coliving. « Il n’a pas vraiment d’existence juridique », explique Antoine de l’association Assobail, qui accompagne des locataires de Joivy. Le modèle oscille entre la location classique de longue durée et les résidences de services de type para-hôtellerie.
Résultat, les agences de coliving profitent de ce vide législatif pour détourner des règles comme l’encadrement des loyers ou des obligations imposées aux professionnels de l’immobilier.
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