« Ils nous laissent des miettes par rapport aux milliards investis », lâche, amer, Grégory Bourreau, trésorier du Comité social et économique (CSE) de l’entreprise de piles à hydrogène Symbio. Comme lui, près de 200 salarié·es se sont rassemblé·es devant l’usine de Saint-Fons pour faire entendre leur voix, mardi 28 avril. Malgré la convivialité du rendez-vous, la grogne monte.
Depuis juillet 2025, une large mobilisation rassemble tous les corps de métiers industriels (bureau d’études et qualité, agents de production, recherche et développement…) de cette « usine à hydrogène du futur », souffle, avec sarcasme, une responsable R&D présente sur les lieux.
« L’État et les actionnaires ont investi des millions dans ces locaux, ils nous ont vendu du rêve », abonde une de ses collègues. Le site a ouvert en décembre 2023. Moins de deux ans plus tard, le géant automobile franco-italo-américain Stellantis annonce, en juillet 2025, son retrait du capital de Symbio. La raison ? « Une absence de rentabilité économique à moyen terme », estime le groupe dans un communiqué. Pour les salarié·es, le rêve tourne au cauchemar.
Le plan social et économique (PSE) prévoit la suppression de 70 % des effectifs actuels, soit 358 emplois menacés. « Ils nous mettent à la rue tous en même temps », s’emporte Laurent Dauvergne, opérateur de production. « Sur quarante d’entre nous, seuls huit resteront… », se désole-t-il.
Contactée, la direction de Symbio n’a pas souhaité répondre à nos questions « par respect pour les négociations en cours », fait-elle savoir par mail.

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