Une décision « injuste et disproportionnée ». Simon, un des cogérants du bar Le Court-Circuit dans le 7ᵉ arrondissement, peine encore à avaler la nouvelle. La préfecture du Rhône a, par arrêté en date du 9 avril, procédé à la fermeture administrative du bar de la place Mazagran. Dès vendredi 24 avril au soir et pendant sept jours, les portes de cette société coopérative bien connue du quartier resteront closes.
Un timing qui met en difficulté le bar alors que la saison des beaux jours est lancée et « qu’il nous manque 11 000 euros pour finir le mois. Le sentiment d’injustice est incroyable », lâche Diane, une autre associée de l’entreprise. « C’est un lieu relativement politisé qui accueille des évènements militants et un public de gauche, il était peut-être dans le collimateur de la préfecture », glisse un élu de gauche lyonnais.
Car les motifs avancés par les services de l’État interrogent. Parmi les éléments retenus, présentés dans l’arrêté de fermeture, figurent un « tapage nocturne » du 13 septembre 2025 et une « vente à la sauvette de cigarettes ainsi que le passage de vendeurs de stupéfiants entre les chaises des clients », constaté par la police le 22 décembre. L’arrêté rappelle aussi que le bar a fait l’objet d’un avertissement le 13 juin 2025, là encore pour nuisances sonores.
L’arrêté a été pris après la rédaction d’un procès-verbal de la police datant du 12 février 2026, que Rue89Lyon s’est procuré. Il reprend un ensemble de « constatations effectuées » par les forces de l’ordre durant l’année 2025, le dernier datant donc du 22 décembre.
Contactée, la préfecture du Rhône n’a pas répondu à nos questions au moment de la publication de l’article.

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