C’était un peu l’élection qui était la troisième roue du carrosse, celle dont on a peu parlé. Dans le cadre de la nouvelle loi Paris-Lyon-Marseille (PLM), les Lyonnais étaient invités à choisir des élus d’arrondissements, qui ne choisiront pas le maire de Lyon, comme c’était le cas depuis 1983.
Coincé entre le scrutin métropolitain (central, mais parfois snobé) et le scrutin municipal (plus médiatique, bien que moins crucial au final), le vote pour les arrondissements n’a pas été oublié par les Lyonnais, avec des seuils de participation environ équivalents à ceux pour la maire centrale.
Il consacre un retour : celui de la droite et du centre dans le 5ᵉ arrondissement. Thomas Rudigoz retrouve sa place d’édile, qu’il avait occupée de 2014 à 2017, avant de devenir député. L’élu Renaissance, rallié à Cœur lyonnais, récupère un fief laissé à l’écologiste Nadine Georgel en 2020, en raflant 50,4 % des suffrages dès le premier tour.
Le macroniste a-t-il bénéficié des polémiques autour des aménagements de la voie lyonnaise sur la montée du Chemin-Neuf ? Ou ce vote montre-t-il l’importance pour les électeurs de voter pour une figure (ou un nom) connue à l’échelle locale ? Visiblement, les résultats des autres arrondissements donnent tort à cette deuxième analyse.
Dans les arrondissements, les personnalités de Lyon ne trouvent pas (toutes) leur place
Les listes de Nathalie Perrin-Gilbert n’ont ainsi jamais franchi la barre des 10 % dans ce scrutin (où elles étaient présentes partout sauf dans le 2ᵉ et le 6ᵉ). Et ce, même dans le 4ᵉ arrondissement où l’ancienne égérie de la gauche lyonnaise fait son meilleur score comme tête de liste, avec 9,3 % des voix. Idem pour le 1ᵉʳ : la liste Lyon avec vous ne fait que 5,8 %, dans le fief historique de NPG. Dans les pentes, sa concurrente, l’écologiste Yasmin Bouagga, a bien failli l’emporter dès le premier tour, en cumulant 49,6 % des suffrages exprimés.
En réalité, en regardant la carte des résultats, on pourrait se dire que la logique politique et territoriale de la capitale des Gaules a été peu affectée par la donne Aulas et les méandres de la loi PLM. Thomas Rudigoz remporte le 5ᵉ – son ancien bastion et le 6ᵉ, historiquement à droite, est remporté par Cœur lyonnais dès le 1ᵉʳ tour. Dans l’autre bastion de la droite, le 2ᵉ, la victoire de Pierre Oliver (Cœur lyonnais — LR) semble faire peu de doute. Dans le reste, la gauche conforte ses bastions du 1ᵉʳ et du 7ᵉ, et est en tête de partout.
Malgré des scores serrés dans le 8ᵉ au premier tour, l’union avec la France insoumise annoncée devrait, si la logique comptable est respectée, permettre à la « gauche unie » de conserver la grande majorité des arrondissements lyonnais (6 sur 9). Si les équilibres politiques restent les mêmes dimanche prochain.
L’entrée de l’extrême droite, par la petite porte
Il y a tout de même une microrévolution à l’œuvre. Arrivé bien plus loin qu’annoncé dans les sondages (tout comme Jean-Michel Aulas), le candidat d’extrême droite, Alexandre Dupalais, n’enverra aucun élu à la mairie centrale. Mais, des élus de l’UDR-RN vont bien faire leur entrée dans les conseils d’arrondissement. L’alliance se qualifie pour le 2ᵉ tour dans le 9ᵉ (10,9 %), dans le 6ᵉ avec 10% pile et dans le 8ᵉ arrondissement (11,9%).
À noter que ce dernier arrondissement avait déjà accueilli des élus d’extrême droite. En l’occurrence : Bruno Gollnisch (de 1995 à 2014) et son successeur Christophe Boudot (de 2014 à 2020). Le RN n’avait toutefois envoyé aucun conseiller municipal en 2020.
Sur le court terme, cette situation aidera peut-être la gauche à l’emporter dans le 9ᵉ et le 8ᵉ à l’orée d’une triangulaire avantageuse, et donne, d’ores et déjà, un élu à l’extrême droite dans le 6ᵉ. Mais, au soir du second tour, cela voudra aussi dire que l’UDR-RN comptera plusieurs élus dans les arrondissements à Lyon. Bien sûr, au regard des résultats importants du parti mariniste dans le Rhône, ces scores d’un allié du RN restent faibles. Ils ne sont cependant pas anodins.

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